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Avé Commode ! Ceux qui vont mourir te saluent !

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Publié le

7 février 2019

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Onfray

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[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1549539825028{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]Les productions de Michel Onfray se suivent et se ressemblent avec leur cohorte d’imprécisions et de contresens, leur mauvaise foi flagrante, et toujours le même refus obstiné de problématiser, c’est-à-dire de philosopher vraiment.

 

Sagesse ne déroge pas à la règle et cet opus, censé clore sa Brève encyclopédie du monde, enchaîne les poncifs selon une langue gonflée qui n’en finit pas de s’étirer, histoire sûrement de donner à cet essai des proportions dignes d’une vraie somme, lorsqu’on aurait pu le résumer en une phrase : « Les Romains sont meilleurs que les Grecs qui se perdent dans des raisonnements compliqués et inutiles tandis que les Romains nous apprennent à vivre, eux ! » C’est facile et c’est faux, comme souvent chez Onfray. Quiconque s’intéresse à la philosophie des Grecs anciens sait que, métaphoriquement, Platon contient tout Sénèque, mais que Sénèque ne contient pas Platon.

 

 

Quant à l’honneur dont Michel Onfray fait grand cas, le considérer tel un pré carré romain face à Périclès, à la mort de Socrate, devant la Polis grecque, face à Léonidas et ses trois cents spartiates, cela laisse songeur. C’est qu’Onfray préfère la gladiature aux phalanges hoplitiques, lui, le philosophe prétendu gladiateur qui n’a jamais débattu qu’avec des personnes qu’il savait incapables de lui répondre et qui, de facto, monte plus souvent sur le ring bouffon du catch médiatique qu’il ne pénètre l’arène du Colisée. Plutôt Commode que Spartacus, Michel…

 

Lire aussi : L’édito de Romaric Sangars : L’essence de l’humour

 

À la fin, cependant, on comprend qu’Onfray se contemple au travers de ces Romains dont il invente une image qu’il espère être celle qu’il donne à voir de lui ; tant et si bien d’ailleurs que les pauvres Romains, rabaissés à des sortes d’experts en coaching, ne lui servent plus qu’à vendre sa soupe.

 

 

En filigrane, Sagesse nous renseigne malgré tout sur notre décadence actuelle, semblable à celle de Rome, durant laquelle on aurait tout à fait pu imaginer un pseudo-philosophe, du genre d’Onfray, écrire dans le seul but de satisfaire son ego et sa gloire ! On lui aurait même consacré un Cahier de l’Herne. La preuve d’une époque dévoyée…

 

SAGESSE

Michel Onfray

Albin Michel

528 p. – 22,90 €

 

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