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Bardcore : Les (re)visiteurs de la pop

Parmi les modes éphémères charriées par wagons sur le web, celle consistant à réinterpréter des grands tubes internationaux avec des instruments du Moyen Âge semble plus pérenne que les autres. Peut-être parce que ce télescopage temporel a quelque chose à nous dire de l’époque. Oyez, oyez braves gens, après le Dungeon Synth, initiez-vous au Bardcore !

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© DR

Il semble que la pandémie, millénarisme oblige, ait remis au goût du jour la période médiévale. Évidemment, il ne s’agit que d’un Moyen Âge fantasmé version Kaamelot, Donjons et Dragons ou Game of Trones et il n’y a pas grand-chose de comparable entre ce que nous vivons depuis plus d’un an et la Peste noire du XIVe siècle. Malgré tout, une poignée d’artistes anonymes ont lancé l’an dernier la mode du « bardcore » comme un pont entre ces deux époques.

COMMENT UN MENUISIER ALLEMAND INVENTA LE « BARDCORE »

Tout débute lors du premier confinement avec la sortie en avril 2020 du remix médiévalisant d’un morceau du DJ russe Tony Igy datant de 2010, « Astronomia ». Comptabilisant à ce jour près de 3,9 millions de vues sur Youtube, la vidéo illustrée par un dessin inspiré de la tapisserie de Bayeux est l’œuvre d’un mystérieux vidéaste nommé « Cornelius Link ». Développeur web allemand de 27 ans, ce dernier est aussi un passionné de menuiserie, au point qu’il a façonné lui-même les instruments médiévaux qu’il utilise pour composer ses morceaux. Le bourdonnement médiatique sans précédent autour de ce remix marque la naissance d’un nouveau genre musical désigné sous le nom de « bardcore » (contraction des mots « bard » et « core » sur le modèle de « hardcore ») ou « tavernwave ».

Développeur web allemand de 27 ans, ce dernier est aussi un passionné de menuiserie, au point qu’il a façonné lui-même les instruments médiévaux qu’il utilise pour composer ses morceaux

HILDEGARD VON BLINGIN’ ET NIRVANA EN LATIN

D’abord strictement instrumental, ce style devient lyrique un mois plus tard grâce au succès de la version médiévale de « Pumped up kids », célèbre hit du groupe indie pop américain Foster the people datant de 2011. C’est la vidéaste Hildegard von Blingin’, dont le nom s’inspire de la bénédictine du XIIe siècle Hildegard von Bingen, qui réalise cette vidéo dépassant les sept millions de vues. Le secret du succès? Modifer les paroles de chansons en y ajoutant des mots empruntés au vieil anglais. Surfant sur la vague, un autre youtubeur aura l’idée, durant l’été 2020, de reprendre en latin le célèbre tube international de Nirvana « Smells like teen spirit ». Depuis, les succès de Cornelius Link et Hildegard von Blingin’ ont fait des émules et plus rien se semble arrêter cette nouvelle tendance : on ne compte plus les reprises pop à base de luths, de cithares et autres cornemuses… De Lady Gaga à Abba en passant par Daf Punk ou Shakira, tous les grands tubes des dernières quarante années passent à la moulinette médiéviste[...]

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