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Verdun, décembre 1916 : quitter l’enfer

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16 décembre 2024

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Malgré les efforts colossaux de l’Allemagne, la terrible bataille de Verdun fut brillante victoire tricolore, grâce notamment à une meilleure compréhension de la guerre de position.
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Entre la fin de l’année 1914 et le printemps 1918, l’armée allemande s’acharne sur la friable Russie et ne lance qu’une seule attaque majeure à l’Ouest. C’est Verdun, et une nuit de trois cents jours, et tout l’Occident qui s’enfonce dans la boue meusienne. Cette plaie encore béante n’empêche pas la bataille d’être une brillante victoire tricolore, puisqu’à son dernier soir, le 18 décembre 1916, la ligne de front est presque identique à celle de son premier matin, le 21 février, et ce malgré les efforts colossaux de l’Allemagne.

Après l’apocalypse du 21 février, où un million d’obus sont tirés sur le minuscule saillant de Verdun, ce sont d’abord les armées du Reich qui avancent. Cette progression est particulièrement pénible grâce à la résistance furieuse des poilus et à l’intelligence du général Pétain qui les dirige. Les deux verrous principaux de la ville de Verdun, les forts de Douaumont et de Vaux, tombent néanmoins, le premier dès le début des combats, le deuxième le 7 juin. Mais des mois de lutte d’une violence jusqu’ici inconnue dans l’histoire humaine ont laissé les troupes allemandes exsangues, sans capacités offensives. Par ailleurs, respectivement au début de juin et de juillet, les attaques russe lancée en Pologne et franco-britannique sur la Somme forcent le Kaiser à dégarnir Verdun. Ainsi, après des succès initiaux limités, l’attaque de la dernière chance du 11 juillet échoue à trois kilomètres de la ville.

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Dès lors, les Français se préparent à regagner le terrain perdu ; surtout Douaumont et Vaux, qui refermeraient définitivement la route de Verdun. Le commandement, fort de l’expérience de la bataille, comprend que les offensives doivent faire l’objet d’une préparation minutieuse, notamment via un renseignement précis sur les positions ennemies recueilli par l’aviation, la répétition intensive des assauts à l’arrière par les troupes de choc et une préparation d’artillerie intense, ciblée et coordonnée avec l’avancée de l’infanterie. Grâce à cet affinement progressif de la compréhension de la guerre de position, qui finira par permettre le retour du mouvement en 1918 avec l’apport du char, les Français reprennent, assez facilement par rapport aux massacres du printemps, les deux forts par une offensive lancée fin octobre.

Cependant, leurs abords immédiats sont toujours sous contrôle allemand en novembre, et depuis ces lignes souvent en hauteur, une contre-attaque reste possible. Pour finir Verdun, il faut sanctuariser les deux places-fortes qui verrouillent la ville. C’est l’objet de l’offensive du 15 décembre, qui cette fois ne bénéficie pas de l’effet de sidération de celle d’octobre. Les Allemands sont solidement accrochés à leurs positions, et s’attendent à l’assaut. Pourtant, les Français ont atteint une telle maîtrise de la guerre de tranchée en cette fin d’année 1916 qu’après trois jours de combats intenses, les objectifs sont presque partout atteints. Douaumont et Vaux sont hors de portée, et la ligne de front quasiment identique à celle du 21 février. Le cœur de l’hiver arrive, interdisant toute manœuvre d’ampleur dans la boue gelée, et l’enfer déplace son brasier loin des bords de la Meuse.

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