En 2011, Blain sort En cuisine avec Alain Passard, formidable documentaire sur le cuisinier : le dessin, à la fois exact et onirique, le découpage, qui décompose les gestes ou évoque la pensée, les dialogues, le regard du naïf peu à peu transformé en amateur éclairé, tout est réussi. Cette année, Géraldine Meignan, journaliste qui a décidé sur le tard de devenir restauratrice, nous raconte sa propre histoire : forcément, on ne tutoie pas les sommets de la gastronomie et Géraldine ne médite pas comme Alain pendant des heures sur les saveurs des jus de navets cultivés sur des composts différents, mais si on veut suivre les pas d’une apprentie curieuse qui sait observer, Chaud devant ! est une réussite.
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Entre Top chef et Lili cuisinière, avec une pincée de générosité humanitaire et un délicieux brin de conscience écologique pour relever le plat, Géraldine nous promène dans le monde de la restauration, entre « une péniche [culturelle] itinérante qui délivre de la street food sur les canaux parisiens » (l’épisode, avec deux bobos perchés en guise de patrons, vaut son pesant de smoothie végétarien), une épicerie-restaurant en circuit court, l’hôtel où officient Thierry Marx et un atelier de cuisine où les réfugiées retissent des liens rompus par l’exil. Les anecdotes s’empilent, on comprend que cuisiner n’est pas uniquement une partie de plaisir et Hubert Van Rie dessine avec élégance les plats qui brûlent, les locaux impeccables, les samoussas d’Afoussatou, Géraldine en larmes ou en sourires et des légumes dont on mangerait. Plaisant et léger.






