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DANS LA MÂCHOIRE DU PIÈGE À CON : NOUS ENTRE LES BOOMERS ET LES MILLENIALS

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Publié le

6 juillet 2019

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Tchernobyl : influenceurs et stars d’Instagram prennent la pose sur les lieux de la catastrophe », pouvait-on lire en juin dans la presse internationale. Objectif suprême de tout « millenial » qui se respecte ? Devenir une célébrité sur Instagram et vivre de son « influence » sur les réseaux sociaux. Le millenial, destiné à être un adulescent permanent, n’est pourtant qu’une étape, et non le stade terminal de l’humanité.

 

Qu’une jeune fille pose fièrement en string ficelle au milieu des ruines sinistrées de Tchernobyl donnera néanmoins matière à réflexion. Comment ne pas y voir la rencontre de la technique dans ce qu’elle a de plus glaçant, mais aussi de prométhéen, et le dérisoire et banal narcissisme qui, de toute éternité conditionne l’existence humaine ?

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Croisons-nous

 

Les « millenials » sont les petits-enfants des « boomers », parfois leurs enfants, puisqu’on devient parent de plus en plus tardivement. Comme leurs devanciers, ils sont des cibles de choix pour les publicitaires, les marques de prêt-à-porter ou l’industrie du divertissement. Ils sont à leur image, en plus crétins et limités par les goûts médiocres de leur époque. Car le boomer, s’il a eu la chance de naître à une époque de félicité artistique et culturelle, est aussi l’adolescent originel. Celui par qui tout a commencé. Enfant de l’après-guerre et du « plus jamais ça », il a voulu profiter de ce que la vie pouvait offrir et a commencé tôt. Difficile de l’en blâmer. L’époque était favorable, tous les indicateurs au vert. Il a même naïvement cru pouvoir « changer le monde ». Et, d’une certaine manière, y est parvenu.

Celui par qui tout a commencé. Enfant de l’après-guerre et du « plus jamais ça », il a voulu profiter de ce que la vie pouvait offrir et a commencé tôt.

Malheureusement, il a façonné un monde qui lui ressemble trop. Le monde des « cigales ». L’hiver vient et les caisses sont vides. Les « boomers » nous ont totalement désarmés. Ayant vécu des sacrifices de leurs parents jusqu’à l’âge adulte, ils ont hypothéqué le patrimoine de leurs enfants en les endettant. Alors qu’ils s’apprêtent à couler une paisible retraite, nous devrons éponger les dettes liées à cet « héritage » : changement de population, financiarisation de l’économie, faillite culturelle et éducative et déclin généralisé. Nous allons devoir faire face à ces épreuves avec des troupes bien peu entraînées : des « millenials » égotiques…

 

Lire aussi : La France en face : acte II de l’exécutif contre acte XXXI des Gilets Jaunes

 

Reflets de leurs aînés, sortes de golems cumulant tous leurs défauts, les « millenials » sont aussi persuadés de pouvoir « changer le monde ». Préparez-vous au jour où le nombre d’actifs sera inférieur au nombre d’inactifs et l’essentiel des actifs composé d’une tour de Babel de « millenials ». Ce jour-là, les « boomers » auront disparu pour la plupart. Pas nous, hélas.

 

Retrouvez notre dossier à découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et tout l’été en ligne pour les abonnés.

 

Gabriel Robin

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