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Ce que l’œuvre de d’Annick de Souzenelle dit de notre époque

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©Jeanne de Guillebon pour L'Incorrect
La trop méconnue Annick de Souzenelle a travaillé sa vie durant à rétablir l’intelligence symbolique des textes bibliques. Portrait d’une âme. Ce qui distingue l’attitude politiquement et culturellement incorrecte de l’attitude correcte, c’est la Tradition. La Tradition ? Le rapport métaphysique à la vie. Est incorrecte par temps de progressisme totalitaire, de vivre une recherche liée à la Tradition, c’est-à-dire un chemin d’évolution en relation avec l’Être. Est correct ce qui se réclame du « décalé » mais qui n’est en rien subversif, du subversif mais qui appartient à la pensée unique, bref, est correcte l’intégralité du modernisme, ne tolérant pas que l’on pense autrement que sur le mode de l’Avoir. On repassera donc en matière de conquêtes humanistes et en matière d’avancées sur le chemin de la tolérance. En matière de Tradition en revanche, quelle recherche aujourd’hui porte les valeurs des véritables progrès et innovations, notions absolument arraisonnées par le matérialisme politique ? Car le progrès dont notre époque se réclame comme si elle était l’apogée de la réalisation humaine, cette modernité que tout le monde a à la bouche pour qualifier ce qu’on est incapable de définir, et comme pour dire « c’est nouveau », ce progrès-là, cette modernité-là, en termes anthropologiques n’ont accouché de rien. Nous sommes dans une ère obscurantiste s’ingéniant à faire passer pour conquêtes des droits nouveaux, des techniques nouvelles mais de véritable progrès concernant notre condition humaine, quid ? Retour aux sources L’œuvre pionnière des quarante dernières années dans le domaine de la Tradition, nous la devons à Annick de Souzenelle qui, par ses travaux, a porté un éclairage libérateur sur la raison et le but de notre présence sur terre. Née catholique, mais déçue par l’absence de réponses aux multiples questions qui éveillaient sa curiosité d’enfant, elle a affronté le nihilisme occidentalisé avant de faire la rencontre décisive en la personne d’un évêque orthodoxe qui la mit sur sa voie. Elle fut anesthésiste, devint psychanalyste. Les humanités d’alors préparaient les meilleurs élèves au latin et au grec. Maîtrisant ces langues qui sont notre héritage, à nous euro-méditerranéens, son chemin la mène à l’hébreu. Dans un objectif précis : retourner aux Écrits, à l’Ancien Testament pour savoir ce qui y est réellement signifié. Elle y découvre alors une accumulation de traductions erronées ou approximatives, celles sur lesquelles se sont appuyées plusieurs générations avec pour incidence de mésinterpréter le message biblique. Son travail, dès lors, sera d’interroger le texte d’origine en établissant une traduction dans l’esprit du texte premier, forte de ses connaissances en psychanalyse et en théologie. Comme, par exemple, le fait qu’Ève n’est pas née de la côte d’Adam, mais est l’autre côté d’Adam. Adam n’étant pas le premier homme mais le nom générique de l’humanité. Autrement dit, chaque être humain est un Adam, femmes et hommes sans distinction. Les incidences de ses traductions à la source relèvent d’un souffle vivificateur, car à l’aune de la langue hébraïque bien comprise le message biblique prend, dans la voix d’Annick de Souzenelle, ce caractère d’intelligence et d’amour qui lui est propre.
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