Dans Le Temps des gens ordinaires, écrit lors de la crise sanitaire du printemps, Christophe Guilluy se met au service d’une thèse simple : la France périphérique – les « gens ordinaires » – refuse désormais les valeurs de la bourgeoisie des métropoles et ne désire plus la rejoindre par le biais de l’ascenseur social. Si cette idée est probablement juste et si ses conséquences sont de première importance, le géographe peine à la démontrer.
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Ainsi la majorité de l’ouvrage se contente de reprendre les thèses, perspicaces, qu’il énonce depuis 2010 dans Fractures française et que chacun connaît. Par ailleurs Guilluy adopte trop souvent ici le ton du pamphlétaire et oublie un peu au passage les données quantitatives, pourtant nécessaires. Ce n’est que dans les trente dernières pages que l’auteur se consacre à l’idée originale qui motive le livre. C’est un peu court. On doute que cet ouvrage ait d’autre motivation profonde que la volonté de Guilluy de surfer sur la vague de son succès médiatique mérité à la suite du mouvement des Gilets jaunes.

Flammarion, 200 p., 19€





