La Tunisie va mal, c’est le moins qu’on puisse dire. Et le premier film de Lofty Nathan n’y va pas par quatre chemins pour montrer l’étendue de la crise à la fois morale, économique et politique qui semble toucher le pays, en particulier depuis la révolution arabe – qui comme toutes les révolutions aura surtout contribué à hystériser les travers d’un système.
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En s’attachant au trajet d’un jeune marginal qui survit à coups d’expédients, mais rêve d’une vie meilleure pour lui et ses deux sœurs qu’il protège envers et contre tout, le jeune réalisateur s’inscrit dans une tradition éprouvée du cinéma, celle du « portrait d’asocial sacrifié » et dont le mètre-étalon serait sans doute Accattone de Pasolini. Un portrait puissant et jusqu’au-boutiste, qui parvient à tenir en haleine malgré quelques défauts inévitables pour un premier film – comme une écriture parfois hasardeuse. Reste un plan final poignant et l’excellente prestation d’Adam Bessa, sorte de Keanu Reeves local qui remporta pour la peine un prix d’interprétation à Cannes.
Harka (1h30) de Lofty Nathan, avec Adam Bessa, Najib Allagui, Salima Maatoug, Ikbal Harbi, en salles le 2 novembre





