L’animation image par image demande une sacrée patience et une volonté à toute épreuve. Encore aujourd’hui, même si elle est assistée numériquement, cette technique vieille comme le cinéma nécessite en moyenne une journée entière pour produire moins de dix secondes d’images ! Takehide Hori, venu de la décoration intérieure, a une passion pour les figurines et pour les maquettes, mais aussi pour les ambiances les plus poisseuses du cyberpunk japonais, Blame! en tête. Avec Junk Head, il rend hommage à cette technique comme à cet univers avec une foi de charbonnier.
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Si le film coche parfois un peu trop gratuitement toutes les cases de la déviance nipponne, il n’en reste pas moins un exercice de style jouissif et bourré d’humour. Lorsqu’on sait que le réalisateur a occupé à peu près tous les postes, du doublage à la mise en scène en passant par le sculptage, Junk Head est un véritable tour de force. Et se permet même de belles incises poétiques et cruelles, quelque part entre Roland Topor et Shinya Tsukamoto. Étrangement rafraîchissant.
Junk Head (1h41), Takahide Hori, en salles le 18 mai





