Il fut un temps où la comédie italienne prenait en charge la rapidité inexorable des changements sociaux en pointant les ridicules et la démence partout où ils se trouvaient. C’est désormais chose impossible; qui se veut critique doit avancer masqué. Avec l’argument de La Petite, d’après un roman de Fanny Chessel, un Risi s’en serait donné à cœur joie, mais Guillaume Nicloux doit marcher sur des œufs, d’où l’abondance d’abord injustifiable de musique émotionnelle. Car, derrière cette histoire de grand-père courage qui veut retrouver la mère porteuse enceinte de son fils gay décédé, se cache bien la folie de l’époque.
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Comme réinitialisé par ses formidables partenaires, Mara Taquin et Maud Wyler, Fabrice Luchini ne s’est jamais autant mis au service d’un scénario depuis vingt ans. L’intelligence de l’écriture montre comment son personnage s’adapte à un matriarcat de fait, qui le voit transformé au final en vieille lesbienne. Tout à fait délicieux, à l’image de la dernière réplique.
LA PETITE (1h32), de GUILLAUME NICLOUX, avec Fabrice Luchini, Mara Taquin, Maud Wyler, en salles le 20 septembre.





