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Cinéma français : le surhomme ne s’est pas fait en un jour

Plus de héros dans le cinéma français ? Je me gratte la tête. D’abord pour me remémorer les films français que j’ai pu voir ces dernières années. Ensuite pour vérifier si j’y ai croisé ou non des héros. J’ai rapidement ma petite moisson, je peux donc en ramener quelques fugitives figures…

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© Gaumont Distribution – Guy Ferrandis

Oui, ces dernières années, j’ai vu quelques films français, dont certains très bons, et j’y ai croisé pas mal de personnages qui m’ont bien semblé en être les héros. Des policiers qui doutent – dans Roubaix, une lumière, dans Bac Nord, dans La Nuit du 12 – c’est-à-dire des types qui enquêtent, écoutent, constatent l’horrible banalité du mal et finissent parfois par en prendre une partie sur leurs épaules, lointains héritiers des curés de Bresson (et donc de Bernanos). Notez que ça ne fonctionne pas toujours parfaitement. 

Ainsi La Nuit du 12 de Dominik Moll, sorti l’été dernier, partait sur une idée forte : avec son crime non résolu, le film semblait nous confronter à l’éternelle opacité du monde, celle qui se refuse à donner raison aux interprétations qu’on aimerait tant lui imposer pour se rassurer. Malheureusement, ce vertige, le film y renonce lui-même au profit d’une résolution paresseuse, et paresseusement martelée : les femmes sont les éternelles victimes de la méchanceté des hommes. Sans compter que le héros y porte à plusieurs reprises une tenue de cycliste moulante, ce qui est tout de même rédhibitoire. Roshdy Zem, dans Roubaix, une lumière, s’en sortait mieux. De même que Desplechin pour approcher la question du mal. Héros, quoi qu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre ? Sans aucun doute.

Ni l’homme-fourmi ni la femme-lézard tant aimés des adolescents de tous âges ne sont les exacts équivalents, pour notre temps, de ce que furent Ulysse, Hélène ou Achille pour les Grecs d’autrefois

D’autres encore ? Oui, des paysans qui souffrent (dans Petit Paysan d’Hubert Charuel, dans Louloute d’Hubert Viel). Des amoureux indécis, dans les merveilleuses comédies d’Emmanuel Mouret. Des frappadingues, chez Pierre Salvadori. Des paumés magnifiques, chez Delépine et Kervern. Et puis Jean Dujardin, sauvant tantôt Dreyfus (chez Polanski), tantôt Paris (chez Jimenez), tantôt la France (chez Hazanavicius). Ce n’est pas si mal. [...]

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