Pour exister face à son petit ami artiste, une serveuse décide de s’auto-intoxiquer afin d’attirer l’attention sur elle. Critique puritaine du narcissisme à l’heure d’Instagram, Sick of myself prend le prétexte d’une comédie soi-disant grinçante pour se vautrer dans les grandes largeurs. L’obstination de l’héroïne devient celle du réalisateur Kristofer Borgli, lequel, ne pouvant plus quitter le bateau d’un film démarré sur une idée discutable – illustrer l’expression « crier au loup » – décide de le rendre le plus mauvais possible.
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Pour ce faire, il pousse, avec naïveté ou inconscience, chaque situation jusqu’au malaise, oubliant que celui-ci peut vite tourner à l’agacement chez le spectateur, si les personnages n’offrent aucun point d’ancrage. Ceux-ci sont majoritairement stupides et animés par un seul but. Ce typage monochrome à la Toni Erdmann conduit la fable dans le mur. Sick of myself n’aboutit qu’à une réactivation du « Dogme 1995 » par le néo-académisme rasoir d’un Joachim Trier.
SICK OF MYSELF (1h37) de KRISTOFER BORGLI, avec Kristine Kujath Thorp, Eirik Sæther, Fanny Vaager, en salles depuis le 31 mai.





