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Le Jeu de la dame sur Netflix: une héroïne féministe sans les clichés.

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Toute personne abonnée à Netflix sait qu’il ne peut rarement échapper à l’omniprésente propagande progressiste d’Hollywood. Mais parfois, le géant du streaming nous offre des pépites. Et la série le « jeu de la dame » fait partie de celles-là: une mini-série qui a tout du grand cinéma. 

Adaptée du livre de Walter Tevis sorti en 1983, la série nous conte l’histoire d’une jeune fille, Beth Harmon, placée dans un orphelinat. Elle deviendra un prodige des échecs. La série explore aussi le thème de la dépendance aux médicaments et à l’alcool et celui de la place de la femme dans la société dans les années 1960.

L’héroïne est un personnage solidement féministe, comme on les aime chez Némésis: elle ne tombe jamais dans les clichés habituels que Netflix a pris l’habitude de nous présenter comme le Graal du féminisme. 

Premièrement, elle ne hait pas les hommes: en effet, c’est le vieux concierge de l’orphelinat qui va la prendre sous son aile en découvrant son immense potentiel et lui enseignera les échecs en secret. C’est pour lui que l’héroïne qui semble froide et sans émotions versera enfin des larmes. Tous les hommes de la série la considèrent dès le début comme une adversaire de talent, sans jamais parler de son sexe et s’inclinent au fur et à mesure de ses victoires avec fair play et respect. 

Deuxièmement: l’héroïne sait rester féminine. Beth Harmon est toujours tirée à 4 épingles, élégante jusqu’au bout des ongles dans le pur style des années 60. Cela ne l’empêche en rien de briller dans son domaine. Une bouffée d’air frais dans notre époque où les féministes veulent absolument se grimer en homme pour être prises au sérieux. 

Troisièmement: l’héroïne n’est pas une mère au foyer, mais ce n’est pas pour ça que ces dernières sont dévalorisées. Beth Harmon recroise d’anciennes camarades de classe, et le fait qu’elles soient devenues mères montre juste un autre chemin, ni meilleur ni pire. Son mode de vie indépendant et célibataire ne l’empêche pas d’ailleurs de sombrer dans l’alcoolisme et la dépendance aux médicaments.

Enfin, dernier point qui scelle définitivement les différences entre cette série et les autres productions: les femmes n’y sont pas des victimes. Vous ne trouverez ni agression sexuelles ni viols dans cette série, contrairement à de nombreuses productions à succès comme « 13 reasons why ». 

Aussi les femmes ne sont pas dans les lamentations permanentes: lorsqu’elle était à l’orphelinat, Beth se lia d’amitié avec une jeune fille noire, Jolene. Ne trouvant pas de parents adoptifs à cause de sa couleur de peau, Jolene arrivera à s’en sortir grâce aux études et travaillera pour un cabinet d’avocats, prouvant ainsi qu’à force de travail, on peut sortir de sa condition. On est bien loin des tweets fatalistes et victimaires des SJW…

On peut également applaudir la série sur d’autres points. Sa vision de l’URSS par exemple, bien loin du manichéisme habituel et des clichés anti-russes. L’URSS est à l’époque la Mecque des échecs. Et à une époque où nombre de Soviétiques auraient aimé quitter l’Est pour l’Ouest, dans le domaine des échecs, c’est l’inverse qui se produisit: les joueurs du monde entier se battaient pour venir affronter les joueurs russes, meilleurs joueurs du monde. 

Mon seul regret étant que toute cette très belle histoire ne soit malheureusement qu’une fiction. Les femmes ont toujours été peu nombreuses dans le monde des échecs, et encore plus à haut niveau. Le monde des echecs n’est pas particulièrement misogyne: il y a un circuit exclusivement féminin que les femmes semblent préférer, mais les compétitions d’échecs ont toujours étés mixtes (que ce soit en sexe ou en âge) et n’ont jamais été interdites aux femmes. Si le monde des échecs a toujours été très masculin, ce n’est pas à cause des hommes mais parce que, visiblement, les femmes s’y intéressent moins. La question du pourquoi elles s’y intéressent moins est un autre débat.

Ainsi Judit Polgár, une Hongroise qui ne se battait que dans les compétitions mixtes, battit le champion du monde Boris Spassky en 1993 et fut la seule femme à prendre une partie à Garry Kasparov un des meilleurs joueurs de l’histoire. Elle fut 8ème dans le classement mondial mixte.

Nous ne pouvons qu’encourager les femmes à jouer à ce fabuleux jeu de stratégie qui ne demande aucune force physique et où seul l’intellect compte.

C’est à vous les filles de faire en sorte que le jeu de la dame, deviennent un jeu joué par les dames. 

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