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Corse : un autonomisme conservateur ? Entretien avec Nicolas Battini

En Corse, le mouvement nationaliste se fracture sur la question de l’immigration. Rompant avec le discours d’extrême gauche des élus autonomistes, Nicolas Battini est en train de fédérer beaucoup de déçus de la sphère nationaliste corse. Rencontre avec un militant détonant.

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© Nicolas Battini

Quel a été votre parcours nationaliste ?

Militant nationaliste depuis que j’ai quinze ans, je suis issu d’une génération qui s’est s'investie dans le militantisme lors des grandes manifestations de 2009, dans le contexte du procès d’Yvan Colonna. Ç’a été pour nous une prise de conscience politique extrêmement forte. Dès lors, je n’ai cessé d'évoluer dans le militantisme nationaliste, d’abord vers des positions indépendantistes et puis après un certain nombre de constats, de désillusions et de changements de contexte bien particuliers comme l'apparition en Europe du facteur islamiste et du facteur woke, j’ai évolué vers une position autonomiste depuis plusieurs années.

Pourquoi avez-vous purgé une peine de prison ?

J’ai purgé une peine de huit ans. J'ai été condamné pour une attaque contre un bâtiment public en 2012, à la voiture bélier et le dépôt d'un engin explosif qui n'a pas explosé, évidemment à une heure où les lieux étaient déserts et où l'intention d'attenter à l’intégrité physique de qui que ce soit était totalement absente. J’explique la dureté de cette condamnation par le positionnement qui a été le mien durant l'instruction et durant le procès, et d'ailleurs je ne m'en suis pas étonné. J’ai eu une position de revendication politique qui excluait toute explication de ma part sur les faits, que ce soit pour les confirmer ou pour les infirmer, et qui était motivée également par le refus de reconnaître la légitimité de la Cour anti-terroriste en ce que je contestais le qualificatif de « terroriste » me concernant.

Lire aussi : Autonomie de la Corse : le grand point d’interrogation

Par ailleurs, après ma condamnation, j’ai fait part à de multiples reprises au juge d'application des peines antiterroristes de ma volonté de ne pas demander de conditionnelle afin de ne rien devoir à l'institution antiterroriste. Je ne suis pas du tout dans un discours victimaire ou larmoyant, et je ne reproche absolument pas aux institutions judiciaires d'avoir fait leur travail. Ce qui compte pour moi, ce qui compte toujours, c'est de défendre des lignes politiques et des convictions qui guident mon existence.

À cette époque-là, vous pensiez qu’Yvan Colonna était innocent ou maltraité. Est-ce que vous le pensez toujours ?

Ce n'était pas vraiment la question. Cela a simplement sédimenté des aspirations identitaires du peuple corse. Qu’il ait été condamné à tort ou pas était une question secondaire pour beaucoup de gens qui ont pu le soutenir : l'affaire Colonna n'a été qu’un épisode d'un demi-siècle de conflit entre un État profondément jacobin et des aspirations à l’émancipation d'une identité culturelle corse présente sur cette terre depuis le paléolithique. L’indépendantisme corse est essentiellement provoqué par le sentiment qu'ont un certain nombre de Corses que l'appartenance à la France est un facteur d'acculturation condamnant la culture corse à une disparition inéluctable. [...]

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