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Cyril Pingant : Le gastro influenceur

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Publié le

2 février 2026

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© Benjamin de Diesbach

« Une armée marche avec son estomac », disait Napoléon. Les victoires de l’empereur devaient en effet beaucoup à la profusion de viande séchée, au pain et à l’alcool. Des considérations prosaïques que ne renie nullement Cyril Pingant. Ce jeune homme à l’élégance surannée est devenu en quelques années un influenceur majeur sur les réseaux sociaux sous le nom de « Ministère de la Ripaille ». Ses passions ? L’histoire et la gastronomie.

« Je suis né le 13 mars 1991 en Auvergne. Je suis arrivé en Alsace à mes deux ans. Depuis, je n’ai plus quitté la région. Je suis un Alsacien, entre pure souche et adoption », remarque Pingant avec malice. À l’issue du bac, il souhaite apprendre un métier manuel : menuisier ou ébéniste. Refus catégorique de ses parents qui l’orientent vers des études de commerce. « J’ai fait des études qui ne m’intéressaient pas, pour exercer des métiers qui ne m’intéressaient guère plus » Pour trouver du sens à l’existence, il crée un blog en 2015. Le soir, après son travail fastidieux de commercial, il écrit sur l’histoire des bâtiments de Strasbourg et sur les bonnes adresses gastronomiques de la ville. « J’ai toujours aimé fouiller dans les archives pour dénicher des anecdotes sur les lieux, remarque Cyril Pingant. Pourquoi trouve-t-on une statue aux fesses nues sur l’un des portants de la cathédrale de Strasbourg ? »


Écrire sur les traditions et sur l’histoire de sa région agit comme un dérivatif à son ennui professionnel. En 2019, la crise du Covid accélère sa démarche. « J’ai décidé d’étendre mes recherches à tout le pays. J’effectuais alors des petites vidéos sur les trésors gastronomiques des régions françaises. Très rapidement, j’ai été dépassé par le phénomène. En quelques mois, j’ai gagné 200 000 abonnés sur les réseaux sociaux » Il est vrai que l’enfermement de la population française eut quelques rares vertus. Parmi elles, l’intérêt grandissant pour le terroir et la cuisine.

Lire aussi : Bertrand de Beaugrenier : De la pierre et du sens

Mais ce succès fulgurant pour l’histoire et la gastronomie tient aussi de la soif identitaire d’une génération déracinée par l’éducation nationale et la société du spectacle. Pour les « followers » de Cyril Pingant, découvrir la gastronomie française, c’est découvrir la géographie et l’histoire de France. Et par-delà cette connaissance, le sentiment apaisant d’appartenir à une communauté fraternelle. À la tribu atomisée des consommateurs doit se substituer une communauté nationale, fière de ses traditions.

En 2024, Cyril Pingant est contacté par Laura Magné, directrice des éditions Magnus. Au vu de sa popularité sur les réseaux sociaux, la jeune éditrice lui propose de rédiger un livre sur l’histoire culinaire de la France. Quelques mois plus tard, le trentenaire alsacien accouche d’un ouvrage de 200 pages : Ripaille, histoire(s) de la gastronomie française. « Mon intention de départ était de concevoir un livre ludique. Un recueil d’une centaine d’histoires rythmé par des illustrations élégantes » Dans ce beau livre qui tombe à point nommé pour Noël, Cyril Pingant répond à moult questions brûlantes : Qui était la mère Poulard ? Qui inventa la fourchette ? Comment est né l’apéro ? Après l’abandon de la classe ouvrière, de la laïcité et des territoires, la gauche est en train de perdre la gastronomie. Toute une génération lui échappe, celle à qui s’adresse Cyril Pingant.

Décidément, les progressistes sont incapables de comprendre le patriotisme. Un idéal glorifié par Charles de Gaulle en 1942 : « Rien de grand ne se fait sans la passion. Pour réaliser la grandeur à laquelle le devoir nous a voués, oui c’est vrai… Il nous faut la passion de la France » Que ce soit dans les journaux, dans les arts ou la cuisine, il n’y a qu’un combat pour sauver la France. Un seul combat pour une seule patrie.

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