Le dispositif est d’une simplicité confondante : « Girlie », jeune et jolie programmeuse, rentre de son Oklahoma natal pour regagner son appartement new-yorkais. Le chauffeur de taxi se révèle être non seulement un véritable moulin à paroles, mais aussi un être doté d’une sensibilité rare, qui parviendra – en une heure et demie filmée quasiment en temps réel – à tirer de la jeune femme une vérité qu’elle ne soupçonnait pas sur elle-même.
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Ne fuyez pas : sous cet argument qui sonne comme du Marc Lévy, ce premier film est une réussite inattendue, qui brille par son écriture. Ici tout repose sur les dialogues, la mise en scène se résumant à une économie du champ/contrechamp. À rebours de tous les clichés et surtout de l’ambiance #MeToo, Daddio évoque avec une rare justesse la complexité du désir féminin, et met le doigt sans en avoir l’air sur tous les maux de l’Amérique : déracinement, interpolation des genres, difficultés grandissantes du dialogue social. Grâce à une chimie incroyable entre les deux acteurs, ce huis clos radical réussit à être bouleversant jusqu’à la fin.
DADDIO (1 h 41), de Christy Hall, avec Dakota Johnson et Sean Penn, en salles le 4 décembre.





