Skip to content

Danses macabres dans les cimetières de France

Par

Publié le

24 mai 2022

Partage

Pour la troisième année consécutive, la mairie de Paris organise le Printemps des cimetières. Le concept est simple : on danse sur les tombes pour faire la promotion du patrimoine funéraire français. Enquête.
cimetierre

Lundi 22 mai, vers midi : une dizaine de personnes se dandinent de manière grotesque dans les allées du cimetière du Père-Lachaise (Paris, 20è), au son d’une musique de supermarché bas de gamme. Cette scène ridicule n’est pas d’initiative privée mais un évènement national sponsorisé par la mairie de Paris dans le cadre de la septième édition du Printemps des cimetières. La chorégraphie est nommée « une infinie solitude ». Ce serait « une performance par un danseur solo et une bande son enregistrée autour de la stèle de la Dame blanche par l’Atelier Saint Martin » nous explique-t-on. Pour une performance, c’en est une !

Lire aussi : Andréa Furet : miss trans

Le Printemps des cimetières n’est pas simplement un événement parisien, c’est un événement national dédié exclusivement au patrimoine funéraire. Né en mai 2016 à l’initiative du Patrimoine Aurhalpin, il devient un événement national en 2019 avec l’objectif de « faire découvrir les richesses patrimoniales méconnues des cimetières ». Entre visites guidées et évènements locaux, l’objectif des organisateurs est de montrer que « contrairement aux idées reçues, arpenter les allées d’un cimetière n’a rien de morbide. Ce sont au contraire de véritables musées à ciel ouvert, où se côtoient : sculptures, gravures, architecture, etc ». Mais leur ambition ne s’arrête pas à la découverte de l’architecture. « Ainsi parler de patrimoine funéraire permet d’aborder des sujets variés : l’évolution de la société, l’écologie, la faune et la flore, les différents courants architecturaux et artistiques, les savoir-faire » ajoutent-ils.

Contrairement aux idées reçues, arpenter les allées d’un cimetière n’a rien de morbide.

L’évolution de la société est bien présente, en effet. Danser au milieu des tombes en est un bel exemple, le symbole d’une tradition noyée dans la décadence. Le Printemps des cimetières semble avoir oublié une chose : un cimetière est avant tout un lieu de recueillement. Mais rassurez-vous, la danse n’est qu’une partie du programme : nous trouvons ainsi au cimetière du Montparnasse des « contes sous l’arbre » ou des « promenades « plantes sauvages en milieu urbain » : observation et identification des plantes sauvages dans les allées du cimetière », ou encore au cimetière de Montmartre des « balades chantées » au cours desquelles « devant chaque tombe, après un bref historique de l’artiste, les chants seront collectifs ».

Lire aussi : Jean-Paul Garraud: « la lutte contre la christianophobie est un débat interdit au Parlement européen »

Les chorégraphies se sont multipliées au cimetière du Père-Lachaise. Après « l’infinie solitude », il y eut également « Sur les Pas d’Isadora Duncan : une déambulation dansée », ou une « performance chorégraphique et musicale : à travers la notion de relation ». Rien qu’à Paris et ses environs, ces célébrations ont eu lieu dans une dizaine de cimetières. Quelques-unes se sont aussi déroulées en région lyonnaise et dans bien d’autres régions.

Mais ce n’est tout. « Le patrimoine funéraire ne concernent pas seulement les cimetières » annoncent fièrement les créateurs.« On peut l’observer dans d’autres lieux : sur un site archéologique possédant une nécropole, dans une église ou une chapelle ». Un beau programme en perspective.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest