En quoi consistait votre proposition pour lutter contre la christianophobie ?
J’ai demandé à ce que soit ajouté à l’ordre du jour un débat sur la christianophobie. Cela fait suite au drame qui s’est déroulé au Nigeria, où cette jeune fille a été lapidée et brûlée parce qu’elle a osé dire qu’elle en avait assez de messages islamistes qui circulaient sur le réseau WhatsApp de sa classe. Pour cette seule raison, elle a été condamnée à mort dans des conditions horribles. Évidemment, j’ai rapproché cet événement de tous les drames qui ont lieu au Nigeria car beaucoup de chrétiens y sont persécutés de façon épouvantable, ainsi qu’en Afrique et un peu partout dans le monde de façon générale. J’ai rappelé aussi que le Parlement européen avait désigné des coordinateurs en matière de lutte contre l’islamophobie et l’antisémitisme, mais qu’il n’y avait toujours pas contre la christianophobie. Les agressions, violences, attaques et meurtres contre les chrétiens dans le monde sont en constante augmentation. Malheureusement, je savais déjà que le Parlement européen ne veut pas parler de tout ce qui a trait aux chrétiens. Et c’est déjà un scandale en soi. Donc j’ai insisté et j’ai demandé à ce qu’il y ait ce débat. Cette proposition est passée au vote dit nominal, c’est-à-dire que l’on connaît l’identité de ceux qui ont voté pour ou contre, des abstentionnistes et des absents. Je suis d’ailleurs en train d’étudier ces votes et c’est très intéressant.
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Justement, comment se sont réparties les voix ?
Il y a eu au total 494 bulletins exprimés : 231 ont voté pour ma proposition de débat et 244 ont voté contre, 19 se sont abstenus. La proposition a donc été rejetée, mais de peu. La répartition des votes est intéressante. La gauche a voté contre mais avec quelques exceptions, il faut le reconnaître et surtout à l’extrême gauche, ce qui est étonnant. La majorité des députés qui soutiennent monsieur Macron ont voté contre, ce qui est assez remarquable.
Mais il s’est produit quelque chose d’assez révélateur : après ma prise de parole, un député de gauche a réclamé un débat à propos des obsèques d’une journaliste palestinienne pendant lesquelles la police israélienne a chargé. Cette scène a choqué et je le comprends bien. Ce député a donc pris la parole pour demander un débat, en disant qu’il n’y pas de morts de première classe et des morts de seconde classe. Et pourtant, juste avant, il avait voté contre le débat sur la christianophobie, ce qui est une énorme hypocrisie ! Cette demande a été votée (nous-même avons voté en sa faveur). En clair, le refus d’un débat sur la persécution des chrétiens dans le monde est déjà un scandale en soi, mais c’est un scandale d’autant plus énorme que juste après, un débat sur un sujet similaire, mais qui ne touche plus les chrétiens, a été accepté. C’est incompréhensible.
On parle tous les jours des persécutions sur les minorités raciales ou sexuelles, et l’on a raison, mais il faut traiter toutes les persécutions quelles qu’elles soient.
Pour quelle raison le Parlement européen a-t-il refusé d’ouvrir ce débat ?
C’est terrible à dire, mais c’est la marque d’une vision totalement idéologique et très négative sur tout ce qui concerne la chrétienté dans le monde. On parle tous les jours des persécutions sur les minorités raciales ou sexuelles, et l’on a raison, mais il faut traiter toutes les persécutions quelles qu’elles soient. Pourquoi ne parle-t-on pas de celles qui concernent les chrétiens dans le monde ? C’est totalement scandaleux.
Il y a des débats quasiment interdits au Parlement européen. Celui sur la christianophobie en est un, celui sur l’islamisme en est un autre. On ne parle pas de ces sujets-là. Il y a deux ans, j’avais demandé un débat sur l’affaire Mila qui secouait le monde politico-médiatique français car cette jeune fille avait osé critiquer l’islam. Ce débat avait été refusé.
Certes, le débat sur la christianophobie nous a été refusé de peu, et c’est quand même la première fois que nous obtenons un score aussi proche d’un vote favorable. Et à la sortie de l’hémicycle, de nombreux députés qui n’étaient pas de mon groupe sont venus me féliciter. Il y a donc une progression.
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Dans quelle mesure la christianophobie est-elle un phénomène qui gagne de plus en plus d’ampleur en Europe ?
En 2019, au niveau de l’Union européenne, les actes haineux anti-chrétiens ont augmenté de 96%. En comparaison, on a une diminution des actes haineux anti-musulmans de 46%. Les actes haineux antisémites ont quant à eux augmenté de 110%.
Vous souhaitez qu’un coordinateur contre la christianophobie soit mis en place. Quel rôle jouerait-il ?
Si un coordinateur était mis en place, cela signifierait qu’enfin le débat est ouvert, et surtout, qu’on pourrait porter un certain nombre de propositions pour lutter efficacement contre ce phénomène. Cela permettrait également d’aider un certain nombre de pays pour lutter contre la christianophobie, à l’origine de crimes odieux. Ne rien faire pour éviter ces drames serait être coupable. Parce qu’ici au Parlement, on dispose quand même de moyens considérables.





