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Enquête – AIDES, association d’utilité publique ?

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Publié le

6 mars 2020

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Entre inefficacité, mensonge public, défense des migrants et subventions juteuses, AIDES, l’association de lutte contre le VIH, semble s’être égarée depuis au moins une décennie.

 

 

 

AIDES est la principale association française de lutte contre le VIH. Elle a été créée en 1984 par Daniel Defert après le décès causé par le Sida de son compagnon le philosophe Michel Foucault. Elle se donne pour noble mission de lutter contre la diffusion du VIH, devant lequel les hommes homosexuels sont une population particulièrement fragile. Elle est reconnue d’utilité publique depuis 1990 et touche à ce titre d’importantes subventions publiques. À titre d’exemple, 48 % du budget d’AIDES provenait de subventions publiques nationales en 2018. Cette aide publique s’élevait à un peu plus de 21 millions d’euros, un chiffre stable sur les dernières années.

Le combat d’AIDES ne porte manifestement pas ses fruits. Selon Alexandre Marcel, dès que l’on met en avant cet échec, « toutes les associations vous tombent dessus pour accuser l’État ».

Une vingtaine de millions d’euros d’argent public par an, ce n’est pas rien. Il semble normal de se demander si l’usage de nos impôts est efficace. Cela ne semble pas être le cas pour AIDES. En effet, depuis une dizaine d’années, le taux de prévalence du VIH, c’està-dire le taux de personnes contaminées, reste stable en France, autour des 0,25 %, pour une population touchée de près de 155 000 personnes. Le combat d’AIDES ne porte manifestement pas ses fruits. Selon Alexandre Marcel, dès que l’on met en avant cet échec, « toutes les associations vous tombent dessus pour accuser l’État ». Il poursuit : « On peut dire que l’État n’en fait pas assez avec les campagnes de prévention, mais à AIDES, que font-ils ? Avec autant d’argent public, le taux de prévalence devrait baisser au moins un peu ! ». S’il ne s’avance pas sur la manière dont est utilisé cet argent, le militant LGBT émet quelques constats assez intrigants sur AIDES : « Dans les permanences de l’association, il y a surtout des drogués. Ils leur distribuent des seringues ».

 

Lire aussi : Dossier LGBT – Enquête : La guerre des roses

 

Moussa, vrai clandestin et faux homosexuel

 

En 2018, AIDES s’est aussi jeté dans une aventure de nature à entamer sérieusement son crédit avec l’affaire Moussa, du nom de ce migrant guinéen menacé d’expulsion. AIDES avait diffusé des photos de Moussa prétendant qu’il était l’un de ses militants nîmois. L’association l’avait soutenu quand il avait annoncé être homosexuel et avoir quitté la Guinée après voir vu son compagnon brûlé vif dans une agression homophobe. À la tête du Comité Idaho France, Alexandre Marcel avait cherché à venir en aide à Moussa : « J’ai cherché à entrer en contact avec le responsable d’AIDES dans le Gard pour en savoir plus. Je lui ai demandé si je pouvais rentrer en contact avec Moussa, parce qu’on veut aider les gens mais on veut aussi comprendre leur histoire ». Il a pu s’entretenir avec un réfugié auprès de la Croix rouge madrilène avec qui Moussa avait prétendu avoir des relations sexuelles : « Il m’a dit que Moussa n’était pas du tout homosexuel mais que ça serait bien si on pouvait quand même l’aider ». Stupeur et tremblements. AIDES et d’autres associations à sa suite ont donc menti délibérément sur l’homosexualité de Moussa pour faire rester cet immigré clandestin sur le territoire national. Plusieurs responsables associatifs l’ont dit clairement à Alexandre Marcel en ces termes : « S’il faut faire croire que tous les demandeurs d’asile sont homos, eh bien on le fera ».

Quand AIDES ment ouvertement pour défendre un migrant au détriment des homosexuels réellement persécutés et que l’association ne parvient pas à faire baisser le taux de prévalence du VIH depuis plus de dix ans, on peut se demander très sérieusement si cette association qui vit largement de subventions remplit sa mission d’« utilité publique ».

La politisation à gauche d’AIDES ne fait plus de doute avec ce genre d’affaires, et ce aux dépens de sa mission première, la lutte contre le sida et l’homophobie. Alexandre Marcel fulmine : « Ça m’a mis en colère parce qu’on a du mal à faire venir en France des gens vraiment condamnés pour leur homosexualité. J’ai trouvé ça injuste que de vrais demandeurs d’asile soient recalés pour qu’on en accepte des faux ». La Cour nationale du droit d’asile a en effet fini par accorder le droit d’asile à Moussa en juillet 2018, après que son dossier a pourtant été rebuté deux fois par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Quand AIDES ment ouvertement pour défendre un migrant au détriment des homosexuels réellement persécutés et que l’association ne parvient pas à faire baisser le taux de prévalence du VIH depuis plus de dix ans, on peut se demander très sérieusement si cette association qui vit largement de subventions remplit sa mission d’« utilité publique ».

 

 

Ange Appino

 

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