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Dossier LGBT – Du droit à l’indifférence au droit à la différence

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Publié le

11 mars 2020

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Si les théories de certains militants féministes et LGBT semblent de plus en plus fumeuses, elles n’en ont pourtant pas moins du poids. Comment en sommes-nous arrivés là ?

 

 

Le militantisme homosexuel n’a pas toujours été structuré comme il l’est aujourd’hui autour de l’acronyme LGBTI (pour lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe). Autrefois, il fut d’abord le fait des hommes homosexuels des classes bourgeoises libérales allemandes et françaises, qui luttaient principalement pour que leurs mœurs ne leur vaillent pas de sanctions pénales. À ce titre, la parution du journal de Julien Green en version non censurée est un témoignage intéressant qui montre par quels biais les homosexuels se rencontraient avant la libération sexuelle. Notons du reste que le Code pénal de 1810 ne prévoyait pas de crime de sodomie et qu’il fut exporté dans une grande partie de l’Europe continentale à la faveur des guerres napoléoniennes.

Ce que l’on appelle la loi de dépénalisation de l’homosexualité du 23 décembre 1980 ne consista d’ailleurs qu’en l’abrogation d’une ordonnance de 1960 faisant de l’homosexualité une circonstance aggravante du délit d’outrage public aux bonnes mœurs.

L’homosexualité n’est donc plus un comportement constitutif d’un crime en France depuis environ deux siècles et fut longtemps tolérée. Ce que l’on appelle la loi de dépénalisation de l’homosexualité du 23 décembre 1980 ne consista d’ailleurs qu’en l’abrogation d’une ordonnance de 1960 faisant de l’homosexualité une circonstance aggravante du délit d’outrage public aux bonnes mœurs. L’activisme lesbien est longtemps resté très marginal, avant de se structurer autour d’artistes et d’intellectuelles féministes dans le Paris et le Berlin de l’entre-deux-guerres.

Chez nous, divers courants d’inspiration plus ou moins marxistes, à l’image du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) de Guy Hocquenghem ou des Gouines rouges associées au MLF.

Rien toutefois de comparable avec ce qui s’est développé dans les années 1960 et qui n’en finit plus de produire ses effets. L’acte de naissance politique du mouvement LGBTI peut être daté du mois de juin 1989, moment des émeutes de Stonewall de New York opposant des homosexuels à la police locale. Aux États-Unis comme en France, les mouvements de libération des homosexuels s’inscrivaient dans un contexte global contestataire et insurrectionnel. Là-bas, le « black power » ou le Weather project. Chez nous, divers courants d’inspiration plus ou moins marxistes, à l’image du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) de Guy Hocquenghem ou des Gouines rouges associées au MLF.

 

Lire aussi : Dossier LGBT – Enquête, la presse, aux ordres des LGBT ?

 

Le militantisme homosexualiste était alors bourgeonnant mais profondément révolutionnaire, ciblant l’hétéropatriarcat et plus généralement les systèmes de domination de l’Occident traditionnel. Extrêmement transgressifs, ses militants multipliaient les happenings et les déclarations choquantes dans une société encore conservatrice pour l’essentiel. Le but était de heurter le « bourgeois » et ses valeurs. C’est un paradoxe historique qui a fait des divers groupes LGBTI des surgeons du libéralisme social apparu après Mai 68, dont l’avènement avait été anticipé par un intellectuel marxiste orthodoxe comme Michel Clouscard.

Une stratégie destinée à ce que les orientations sexuelles minoritaires ne souffrent plus de cette « invisibilisation » que nos sociétés leur faisaient subir, à les en croire. De cette nouvelle médiatisation à l’apparition de nouveaux « droits » civils, les mouvements LGBTI ont su peser sur le champ politique de tout leur poids.

La lutte est devenue avec le temps « intégrationniste ». Les homosexuels ne voulaient plus se libérer des chaînes du patriarcat hétérosexuel mais bien s’intégrer à la société, se normaliser. D’où les demandes répétées pour que des premiers rôles de cinéma soient donnés à des personnages homosexuels, ou bien encore les fameux « outings » de personnalités publiques. Une stratégie destinée à ce que les orientations sexuelles minoritaires ne souffrent plus de cette « invisibilisation » que nos sociétés leur faisaient subir, à les en croire. De cette nouvelle médiatisation à l’apparition de nouveaux « droits » civils, les mouvements LGBTI ont su peser sur le champ politique de tout leur poids.

Et tout en y parvenant, ils sont revenus à leurs premiers amours révolutionnaires, leurs antennes militantes se radicalisant de nouveau et attaquant frontalement l’hétérosexualité comme n’étant qu’une « construction sociale ». À tel point que c’est l’hétérosexualité qui sera bientôt invisibilisée à son tour…

Ils ont obtenu chaque année un peu plus dans la grande majorité des pays occidentaux et désormais en Asie ou en Amérique latine : contrats d’union civile, mariage, GPA ou adoption. Demain, peut-être, des quotas lors des élections. Et tout en y parvenant, ils sont revenus à leurs premiers amours révolutionnaires, leurs antennes militantes se radicalisant de nouveau et attaquant frontalement l’hétérosexualité comme n’étant qu’une « construction sociale ». À tel point que c’est l’hétérosexualité qui sera bientôt invisibilisée à son tour…

 

 

Gabriel Robin

 

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