Drieu et d’Annunzio : deux dandys dans l’Europe en feu



Pierre Drieu la Rochelle et Gabriele D’Annunzio, d’une génération à la suivante, d’un côté des Alpes à l’autre, ces deux grands écrivains ressurgissent aujourd’hui grâce à deux merveilleux biographes: Julien Hervier et Maurizio Serra. Nous les avons réunis dans l’appartement du premier pour évoquer ces deux dandies qui voulurent mêler l’encre et le sang pour le meilleur, pour le pire, et pour la plus grande gloire des lettres européennes. D’Annunzio est-il un Barrès italien ? Maurizio Serra : En tant que « prince de la jeunesse », oui. La jeunesse reste d’ailleurs son obsession jusqu’à la fin. Mais il reste sur des positions plus sulfureuses, me semble-t-il, que Barrès, il demeure éternellement rebelle. A-t-il influencé les écrivains français du début du siècle dernier ? M.S.: S’il y a un côté baroque et rutilant chez D’Annunzio, il y a aussi un sens de la vitesse, de l’incise, et L’Enfant de volupté et Le Feu ont été marquants pour des écrivains comme Morand ou Montherlant – ce dernier étant le seul qui lui soit resté fidèle. Julien Hervier: Drieu parle « des prosopopées musculaires de D’Annunzio »! Il le trouve très tonitruant, mais il l’admire dans sa jeunesse, et je pense qu’il a été aussi très impressionné par le D’Annunzio soldat, homme d’aventure. L’un des principaux points communs entre eux, c’est qu’ils sont tous deux disciples de Nietzsche… M.S.: Nietzsche, que D’Annunzio lisait dans les traductions françaises, a eu une très grande influence sur lui. Mais sa connaissance restait sommaire, parce que D’Annunzio n’a jamais été un érudit, plutôt un touche-à-tout de génie. Cependant, il se sépare de ses deux grandes influences allemandes avant la Grande Guerre, quand il estime (…) A lire dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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