Skip to content

D’Underground Youth à DJ Muggs : L’apocalypse sur votre platine

Si la fin du monde résonne fortement dans le cinéma actuel, elle n’épargne pas la musique pop. Trois sorties discographiques reflètent ce fond noir de l’air du temps. D’un côté l’album de DJ Muggs (Cypress Hill) pour le versant hip-hop californien, de l’autre les groupes Elephant Tree (Stoner Rock), Domkraft (psychédelisme noir) et Summoner (métal classique psyché) réunis par leur label Magnetic dans le coffret Day of Doom. Enfin, dans la famille dark folk, les Underground Youth, originaires de Manchester mais exilés à Berlin, chantent la catastrophe à venir avec The Falling.

Partage

© The Underground Youth / Laura Cherry Grove

DJ Muggs the Black Goat (la chèvre noire), figure de l’aristocratie hip hop californienne, offre avec Dies Occidendum un opus qui n’aurait pas dépareillé dans la bande-son du Rosemary’s baby de Roman Polanski, un heureux mélange de rock psychédélique, de folk tzigane et de trap, la musique actuelle des ghettos. Un album qui, comme le menaçait Marcelus dans Pulp fiction, « gonna get medieval on your ass ». Les seules voix que l’on entend sur ce disque viennent de dialogues sans doute extraits d’un film fantastique des années soixante de la Hammer. On ne remerciera jamais assez celui qui a pris comme symbole un animal démoniaque de nous réveiller l’âme par la peur. En son temps, Jérôme Bosch, peignant des visions de l’enfer parvenait de la même manière à raviver la Foi par l’effroi. Cette conception du christianisme originel nous console parfois des errements mièvres post Vatican II.

Les rois de la boue

De Screaming Jay Hawkins à Black Sabbath en passant par Joe Meek, le rock a depuis toujours flirté avec les « peurs indicibles » chères à Jean Ray, l’auteur de Malpertuis. Si le label Magnetic Eye est basé à Los Angeles, ses poulains viennent de tous les coins du monde électrifié. Le Royaume-Uni pour Elephant Tree, la Suède pour Domkraft, l’Australie pour Horsehunter, et les États-Unis pour Summoner. Tous ces groupes se sont réunis un soir de novembre 2019 afin d’injecter un peu de testostérone dans le très gender fluid quartier de Brooklyn. De tous ces groupes rassemblés pour annoncer l’apocalypse, le plus convaincant reste Domkraft. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest