Skip to content

Édito monde #36 : Il faut sauver les chrétiens d’Arménie

L'éditorial monde du numéro 36, par Hadrien Desuin.

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
© Romée de Saint-Céran pour L’Incorrect

Si beaucoup de nos compatriotes sont d’origine arménienne, ce n’est pas tout à fait par hasard. Ces chrétiens d’Orient ont fui le génocide perpétré par les Turcs pendant la première guerre mondiale. D’autres ont pu se réfugier dans la montagne arménienne, réduite à peau de chagrin, et ont survécu jusqu’à nos jours aux confins du Caucase.

Hélas, la haine du pouvoir turc contre les Arméniens n’est pas éteinte. Elle redouble. Bien que les Arméniens du Haut-Karabagh aient obtenu par les armes leur autonomie de fait en 1994, la Turquie et son allié azéri ne cessent de vouloir réduire cette république d’Artsakh à néant, région historiquement arménienne et arbitrairement livrée par Staline pour récompenser Bakou en 1923. La France s’honorerait à quitter sa position confortable de neutralité diplomatique en reconnaissant l’indépendance de l’Artsakh. La Russie a semblé elle aussi se retrancher derrière sa position d’arbitre, voulant faire sentir au jeune président Pachinian sa puissance, tout en assurant Bakou de sa compréhension. Certes le président arménien a été téméraire mais l’Arménie a-t-elle intérêt au statu quo ? Ne faut-il pas régler la question de l’Artsakh une bonne fois pour toutes ?

Lire aussi : Edito : Le cadeau de départ de Netanyahou

L’Azerbaïdjan, sorte de « gazomonarchie » post-soviétique sous la coupe de la famille Aliev, est assise sur des réserves financières colossales. Elle profite de ses fonds pour soudoyer les élites du continent et acheter sur étagère toutes sortes d’armements. Son objectif est connu : faire rendre gorge au petit voisin arménien, réfugié dans les montagnes, qui l’empêche de se relier directement au grand frère turc.

Erdogan s’appuie naturellement sur l’Azerbaïdjan pour avancer ses pions exactement comme il le fait à Chypre, en Bosnie, en Libye et bien sûr en Syrie où ses milices djihadistes, après avoir massacré nos alliés kurdes contre Daech, sont désormais envoyées attaquer les Arméniens. 4 000 mercenaires islamistes seraient, d’après le Guardian, partis rejoindre le front azéri.

L’aide apportée à la démocratie arménienne ne peut plus être seulement politique et humanitaire. C’est d’une aide militaire dont l’Arménie a besoin. Le cessez-le-feu est insuffisant. Erevan doit recouvrer sa souveraineté sur l’Artsakh.  

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest