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Éditorial de Jacques de Guillebon : La possibilité d’un roi

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Publié le

4 juin 2022

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Le numéro 54 est disponible depuis ce matin en kiosque, par abonnement, et à la demande sur notre site. Voici l’éditorial du numéro, par Jacques de Guillebon.
guillebon

Sans doute une bonne partie de nos lecteurs – et de nos rédacteurs même – ne sera pas d’accord avec ce constat : que la démocratie républicaine ayant échoué, et continuant d’échouer en tout sous nos yeux, on pourrait imaginer la possibilité d’un roi. Mais essayons quand même.

Le roi, pour quoi faire ? Le roi parce qu’avec lui sont lentement partis les pères – et d’ailleurs aussi les mères, j’entends d’ici les récriminations des féministes : oui, le roi pourrait être une reine, même s’il se pourrait que ça marche un tout petit peu moins bien. Mais bref, ce n’est pas la question. Le roi surtout, parce qu’avec lui se sont lentement dissoutes nos espérances, non d’un monde « plus beau », ce qui n’existe pas tout à fait, mais d’un monde qui grandisse en sagesse, en profondeur et en connaissance de l’homme.

Où est passé le beau président que vous avez élu, à quoi servira-t-il, en quoi grandira-t-il la France et l’humanité par ricochet ? Bien habile qui le dirait

Bien sûr, tout le monde l’a oublié mais la France de Louis XVI était parvenue à un exercice des arts inouï, à une science incroyable et raisonnée (souvenons-nous de cette sublime histoire de l’ingénieur ayant ressuscité le feu grégeois à qui Louis XV octroya une pension perpétuelle, non pour qu’il l’utilise mais qu’au contraire il en gardât le secret afin que jamais nul ne put se servir de cette arme jugée barbare ; souvenons-nous de la lettre de Louis XVI à M. de la Pérouse : « Le sieur de la Pérouse, dans toutes les occasions, en usera avec beaucoup de douceur et d’humanité envers les différents peuples qu’il visitera dans le cours de son voyage. Il s’occupera, avec zèle et intérêt, de tous les moyens qui peuvent améliorer leur condition, en procurant à leur pays les légumes, les fruits et les arbres utiles d’Europe ; en leur enseignant la manière de les semer et de les cultiver ; en leur faisant connaître l’usage qu’ils doivent faire de ces présents, dont l’objet est de multiplier sur leur sol, les productions nécessaires à des peuples qui tirent presque toute leur nourriture de la terre »), cette France donc malgré ses millions de défauts qu’il était urgent de guérir était sur une voie de progrès, au bon sens du terme, que seule la mauvaise foi révolutionnaire a pu nier entièrement.

Tout cela est du passé, dira-t-on, et on aura bien raison avec M. de La Palisse. Mais cela n’empêche que dans les conditions qui sont les nôtres aujourd’hui, avec les notables progrès qui ont lieu depuis plus de deux cents ans, il faut le reconnaître, il est toujours aussi urgent de reprendre selon le mot du comte de Chambord, « le grand mouvement de 1789 ». Celui qui, sous l’autorité royale évidemment tempérée du pouvoir de l’Église, la seule formule d’autorité qui vaille, escomptait libérer les hommes tout en conservant le cadre, protecteur et non affligeant, qui leur permettait de grandir et de s’épanouir. Et non le progrès absurde qui promettant tout et ne donnant rien engendra des dizaines de révolutions, d’émeutes, de guerres locales, européennes puis mondiales, plongeant les peuples dans des abîmes de misère, de tristesse, de nihilisme qu’on n’avait jamais vus auparavant dans l’histoire.

Lire aussi : Éditorial de Jacques de Guillebon : En même temps

Même sans aller jusqu’à ces extrémités, notre sort actuel témoigne contre l’absence de roi : où est passé le beau président que vous avez élu (pas vous, chers lecteurs), à quoi servira-t-il, en quoi grandira-t-il la France et l’humanité par ricochet ? Bien habile qui le dirait. Au mieux il parlera de points retraite et de cabinets de conseils.

Donc : le roi, pourquoi pas ? On attend toujours les arguments des républicains.

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