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Éditorial monde #37 : Populiste ou populaire ?

L'éditorial monde du numéro 37, par Hadrien Desuin.

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© Romée de Saint-Céran pour L’Incorrect

Jusqu’à la fin, Donald Trump a maintenu en haleine ses fans et ses adversaires. Caricature de lui-même, il a incontestablement raté sa sortie. « Putain, deux mois ! » a titré mi-soulagé, mi-agacé, le 16 novembre, le quotidien de la gauche bourgeoise Libération. On peut expliquer la vulgarité très trumpienne du journal : avec le Donald, la presse subventionnée perd l’un de ses meilleurs clients. Pourra-t-elle toujours vendre ses numéros avec Joe Biden, un blanc de 78 ans, aussi consensuel que François Hollande ? Quoi qu’il en soit, il serait prématuré de refermer la parenthèse Trump sans tirer les leçons de cette expérience.

Trump a fait la démonstration que, même en Amérique, la droite n’est pas soluble dans le populisme. Il lui faut deux jambes pour avancer

En effet, Trump a fait la démonstration que, même en Amérique, la droite n’est pas soluble dans le populisme. Il lui faut deux jambes pour avancer. Certes, Mike Pence, le vice-président, représentait à merveille l’aile traditionnelle de la droite américaine. Mais Trump a étouffé son vice-président, tout particulièrement pendant la période de pandémie. Trop de jugements à l’emporte-pièce, trop de contradictions, trop de tweets, trop populiste en réalité. Quant à Mike Pence, il avait toutes les qualités qui font défaut à Trump sans avoir celles qui ont fait son succès : cette capacité à redonner espoir à l’Américain moyen, voire l’Américain déclassé. Populaire n’est pas synonyme de populiste ; le peuple déteste au fond qu’on le prenne pour un demeuré, gobant tous les excès sans réfléchir. Si Trump avait pu davantage mettre en avant Pence, il serait peut-être resté à la Maison-Blanche.

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Le très consensuel Joseph Biden va donc prendre sa place. Ses détracteurs l’imaginent en faucon qui va lancer les guerres que Trump n’a pas voulu faire. Mais en ce mois de décembre 2020, chacun peut constater que les troupes américaines sont toujours présentes à Kaboul et Bagdad et que les nombreuses promesses de retrait n’ont jamais été honorées tandis que les frappes de drones n’ont jamais cessé. Certes Trump n’a pas envahi l’Iran et la Russie (encore heureux). Peut-on imaginer Biden enfiler le costume traditionnel américain de pompier-pyromane du globe ? Il est toujours risqué de se lancer dans de la prospective, mais c’est peu probable parce que l’Amérique de Biden est fragile et fatiguée, elle est focalisée sur la montée de la Chine et doute d’elle-même. Sa société est malade et parfois se déteste. En toute logique, elle devrait maintenir une présence légère au Moyen-Orient et se contenter d’encercler à distance la Chine et la Russie.

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