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Édouard Louis : la grande arnaque des vieux boomers

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Publié le

25 mai 2021

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Parce que la pop culture, malgré ses joyaux, est avant tout une sous-culture de masse, il ne faudrait pas oublier de prendre du recul et de la gifler tous les mois. L’Incorrect tient à votre hygiène mentale, voici la rubrique Antipop.

L’homosexuel le plus pistonné de Paris revient faire la couverture des Inrocks et écraser les ventes de livres du printemps avec cent pages de forme étique et de fond sommaire dénonçant la « domination » depuis son carré VIP. Comment cette absurdité a-t-elle été rendue possible ? Eh bien, probablement parce que cette image factice de jeune enfant prodige, victime et rebelle allouée à Louis, constitue en réalité le fantasme des vieux boomers dominant le système médiatico-culturel, la succession qui les arrangerait bien et perpétuerait leurs mythes, et qu’ils ont les moyens d’hypnotiser les foules avec leur propre rêve. Suffisamment, en tout cas, pour imposer cette énormité.

Marx encore, Marx toujours

Le gamin ne se foule pas : dans la famille Louis, après le fils, le père et le violeur, voici la mère, à qui administrer le même traitement sériel de vieille martyrologie marxiste. Via Bourdieu, l’obsession binaire et essentialiste de la lutte des classes est passée de l’économie à la sociologie, ce qui a permis de la pulvériser partout en dépit des naufrages communistes. Pourquoi maman sourit plus comme sur la photo de ses vingt-ans ? Comment l’ordre patriarcal et la société se sont ligués pour la défigurer (avant l’ordre patriarcal et la société, il est probable que Madame Louis eût été simplement violée par un chef de tribu victorieuse, mais cette dimension n’entre pas en compte chez les champions du ressentiment permanent).

Louis singe les postures radicales des années 70, mais sans le talent ni la culture de ses modèles. C’est ringard, mais c’est aussi dégradé

Ce qui reste étrange dans la logique de Louis, c’est qu’il s’obstine à dresser un état des lieux de la misère financière, culturelle et morale des cas sociaux du Nord de la France pour y opposer les raffinements de la bourgeoisie parisienne avec un ébahissement de provincial mal dégrossi, mais que ce transfuge social récrimine contre son fantasme tout en justifiant ceux qui le dégoûtent. Nous ne saurions que lui préconiser un peu moins de Marx et un peu plus de Freud.

Ringard, dégradé, pauvre : les secrets d’un succès

Louis singe les postures radicales des années 70, mais sans le talent ni la culture de ses modèles. C’est ringard, mais c’est aussi dégradé. Ça prétend écrire contre la littérature parce que la littérature serait bourgeoise et bégueule et que lui voudrait dire brutalement la vérité qui choque, à croire, pour affirmer de telles conneries, que Louis ne disposerait que de la culture d’une pucelle de 1820, mais tant qu’à vomir son milieu prolo et la bourgeoisie en même temps, on préférait la cohérence et le style flamboyant de Calaferte. Voilà qui mitraillait crûment, et qui nous excitait davantage que ce style fade, poussif et constipé de greffer des humiliations, aux tournures fautives (page 87 : « Elle a fait une moue avec ses lèvres » – avec quoi d’autre ? ; la page suivante : « Elle a mordu sa lèvre inférieure du bout des dents » – pourquoi pas avec les racines ?).

Lire aussi : Antipop : Galleria continua, exposer jusqu’au fond des chiottes

Le premier privilégié de Saint-Germain-des-Prés

Germinal vu par Oui-Oui, voilà ce que les vieux boomers voudraient refourguer aux nouvelles générations pour perpétuer leur règne. « Repéré » par Éribon, directeur de collection à 22 ans, pétitionnaire du Monde, coqueluche de France Inter et des Inrocks (dont le public a été décimé par la dernière épidémie), Édouard Louis aura bénéficié d’une véritable conspiration médiatico-universitaire pour s’imposer jusqu’en Amérique, comme le contraire de ce qu’il est réellement, c’est-à-dire un médiocre privé de style bégayant avec docilité les dogmes de ses pères et pour cela : privilégié comme aucun autre écrivain dans ce pays.

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