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Antipop : Galleria continua, exposer jusqu’au fond des chiottes

Cela fait déjà plus d’un siècle que Marcel Duchamp a bousculé les codes et les usages de l’art avec son urinoir, et les générations successives d’artistes « contemporains » continuent de recycler le coup d’éclat, avec la complaisance de galéristes ambitieux.

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© DR

Déjà installée en Chine, à Cuba, au Brésil, la Galleria Continua, projet de trois amis d’origine italienne, entend bien se faire maintenant une place dans la sphère artistique parisienne. Et dans ce but, on n’a pas lésiné sur les moyens, puisque c’est pas moins de 800 mètres carrés d’exposition que le trio inaugure en plein cœur du quartier historique du Marais, rue du Temple. De surcroît, la curation a été confiée à l’artiste photographe urbain J.R., une valeur sûre de l’art contemporain français, dont le travail souvent décrié pour sa démagogie, accède presque toujours au succès populaire.

Sous les dehors d’un magasin d’alimentation générale, sa devanture expose le nom des artistes comme des produits

L’ÉMAIL À PRIX D’OR

D’apparence déjà, la Galleria Continua se distingue : sous les dehors d’un magasin d’alimentation générale, sa devanture expose le nom des artistes comme des produits, tandis que des paniers de supermarché attendent les visiteurs à l’entrée. Mais ce gimmick, au demeurant assez amusant, n’a pas du tout vocation à critiquer l’invraisemblable cupidité du marché de l’art, assure son curateur, mais seulement de « rendre l’art accessible à tous ». Bouteilles de vin et fromage, il est même possible d’y faire ses courses et d’acheter ce genre de produits à des prix raisonnables. Évidemment, côté shopping, les œuvres d’art chiffrent en revanche à des prix indécents. La Galleria Continua n’a pas hésité à héberger les œuvres d’artistes multimillionnaires tel qu’Ai Weiwei, ou Michelangelo Pistoleto dont l’un des collages exposés se vendrait à 500 000 euros selon France Inter. Quant au prix des œuvres de J.R. lui-même, la pudeur l’oblige à ne les communiquer que sur demande.

Lire aussi : Art contemporain : refaire l’Histoire

DANS L’ŒIL DU SIPHON

Si la forme de l’exposition se veut originale, celle des œuvres exposées n’est hélas que trop connue. Les artistes se sont donné une énième fois l’ambition de « déconstruire » un art classique pourtant déjà en poussière depuis longtemps. Comme le rappelle Benjamin Olivennes dans L’autre art contemporain (Grasset), ce dernier ne se réduit pas uniquement à ses dérives médiatisées, et on salue les timides présences de la géniale Berlinde de Bruyckere, du toujours solide Kader Atia ou de l’ukrainienne Zhanna Kadyrova dont les œuvres respectives sont toutes remarquables. Malheureusement, les autres demeurent coincées dans les limites de leur concept, ce qui relève à la fin d’un genre évident de conformisme et de paresse, à croire que l’attention à l’esthétique demeure le seul scandale auquel les curateurs d’art contemporain se refusent[...]

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