Au cinéma – plus que dans la vie – préférons le féminin monstrueux au féminisme victimaire, du beau remake de Suspiria à Alerte rouge, le Pixar tout neuf. Autre exemple frappant, Ego mesure sa réussite au fait qu’on tremble pour ses personnages. Une jeune gymnaste à mère Youtubeuse recueille un œuf géant qu’elle couve en secret; la créature qui en éclot apportera le chaos dans la famille. Si Hanna Bergholm a vu beaucoup de films d’horreur, son univers singulier part de la satire pour aller vers la fable.
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Les effets spéciaux ont une beauté poétique autant que monstrueuse, et la progression implacable ne relâche jamais la tension. On pense plusieurs fois à Jennifer, le chef-d’œuvre secret de Dario Argento, ce qui n’est pas un mince compliment. Les rapports mère-fille apparaissent crûment dans toute leur versatilité, et les hommes, passés au second plan, ne sont jamais sacrifiés comme il est de mise dans les films gynocentrés. Immense élégance : certaines cicatrices ne s’expliqueront qu’à la toute fin.
Ego (1h26), de Hanna Bergholm, avec Siiri Solalinna, Sophia Heikkilä, Jani Volanen, en VOD et DVD, à partir du 27 avril





