Personne n’attendait grand-chose de ces élections internes d’un parti dont les adhérents finissent par disparaître comme peau de chagrin. Pas de grand enjeu ni de vaste mobilisation. Il s’agissait plutôt du rendez-vous de quelques barons du mouvement qui devaient être avalisés par leurs militants. L’attention se porta davantage sur le scrutin pour la présidence des jeunes du parti. Les adhérents de moins de 35 ans étaient invités à participer. Une élection traditionnellement houleuse puisqu’elle concentre souvent les ambitions et l’ardeur des plus jeunes militants.
Une liste officielle vaincue
Bien que Christian Jacob n’ait pas souhaité soutenir officiellement une liste plutôt qu’une autre, en interne c’est la liste conduite par le Toulousain Sébastien Canovas qui était adoubée par les cadres. Le secrétaire général de LR Aurélien Pradié, et le secrétaire général adjoint en charge de la jeunesse Pierre-Henri Dumont, tous deux libéraux et zélés modérés, figuraient parmi les plus fidèles soutiens de la dénommée liste « Jeunesse rassemblée ». Une liste considérée comme quasi « officielle » puisqu’en plus d’être soutenue par les hauts-placés de la rue de Vaugirard, elle portait les couleurs du centrisme bon teint. Une ligne parfaitement alignée sur celle du parti. « Jeunesse rassemblée » affichait l’ambition de perpétrer l’ancrage à la gauche de la droite. Heureusement, les jeunes militants républicains ne s’y sont pas trompés. La liste des jeunes « rassemblés », liste « officielle » s’il en est, a perdu avec seulement près de 38% des voix.
Quelques autres proches de Pécresse semblent entourer le nouveau président des jeunes. Des proximités qui remettent en cause le mythe entretenu par les médias
Il n’en fallait pas plus pour croire au sursaut d’une frange radicale chez les Jeunes républicains. C’est ce que crurent bon d’interpréter de nombreux médias. À commencer par le journal Libération qui s’est fendu d’un article sur le sujet : « Chez LR, l’aile dure met la main sur les jeunes » pouvait-on lire comme titre. « Aile dure », « tendance droitière », le journal ne tarit pas d’éloges quant à la liste victorieuse conduite par Guilhem Carayon. Mais ces observations sont-elles justes ?
Une liste droitière victorieuse ?
La composition de la liste aujourd’hui élue fut fastidieuse. Elle est en fait le fruit d’alliances et de fusions réduisant de moitié les compétiteurs de la course électorale. Des stratégies qui s’avérèrent être les bonnes au vu des résultats finaux. Ainsi, Théo Michel, jeune initialement candidat, finira par abandonner la course et quelques-uns de ses colistiers, pour se rallier à la liste « Nouv’LR » portée par Guilhem Carayon. Ce sera une victoire pour celle-ci. Avec plus de 60% des voix, nul besoin de contestations, d’accusations de fraudes et de commission de recompte de voix, pourtant folkloriques et habituelles au parti. Et bien que la campagne ait été contestable en bien des aspects, entre vidéos puantes personnelles publiées et trafics de fichiers des adhérents, le résultat n’est pas contesté. Guilhem Carayon est le nouveau président des jeunes LR.
Une élection saluée par ses soutiens, Julien Aubert, Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy, entre autres. Un entourage rassurant, bien loin des tenanciers centristes du parti. Mais ces soutiens auréolent-ils vraiment la victoire d’une ligne plus conservatrice chez les jeunes du parti ? Rien n’est si sûr en réalité quand voit celui de personnalités comme Othman Nasrou, vice-président de la région Île-de-France et du mouvement « Libres ! » de Valérie Pécresse. Quelques autres proches de Pécresse semblent entourer le nouveau président des jeunes. Des proximités qui remettent en cause le mythe entretenu par les médias et qui nous rappellent surtout la pérennité des ambitions d’union de la droite vers le centre au sein des Républicains. Gageons seulement que la victoire contre la liste d’Aurélien Pradié, en plus d’être une bonne leçon, devienne au moins un signal.





