Voilà vingt-sept ans qu’elle promène ses yeux couleur de miel d’arbousier sous le ciel du midi. En ce froid après-midi de février, le mercure ne franchit guère les huit degrés à Paris, tandis qu’à Marseille il fait quasiment le double. Heureusement, Emmy Font est habituée aux chocs thermiques : collaboratrice de Stéphane Ravier au sénat, elle a probablement le pass TGV max le plus rentable de l’histoire de la SNCF.
En levant les couleurs chaque matin, en partageant un uniforme, Emmy Font fait l’expérience charnelle de ce qu’est un pays, ce bien commun ultime, à la fois père et mère, qui n’existe que par ses enfants mais à qui ses enfants doivent tout, à la fois horizon et éternelle maison du retour.
Son histoire a commencé à l’ombre d’un pommier, non loin de Castelnaudary. Dans une famille d’agriculteurs qui élevait quelques chevaux. « Une famille contemporaine, recomposée et re-recomposée. » Son père décède alors qu’elle avait quinze ans, et sa mère se remarie avec un militaire. Un second mariage qui lui ouvre la porte du lycée militaire d’Aix-en-Provence, où elle n’avait absolument pas envie d’aller : « Je suis arrivée en pleurant, et partie en pleurant », nous confie-t-elle avec l’accent. Une expérience qui va lui donner le cadre qu’une famille éclatée ne pourra jamais offrir à quiconque. Un lycée militaire, c’est un microcosme où tout est codifié, tant par un règlement formel que par un coutumier soigneusement et farouchement gardé. En levant les couleurs chaque matin, en partageant un uniforme, Emmy Font fait l’expérience charnelle de ce qu’est un pays, ce bien commun ultime, à la fois père et mère, qui n’existe que par ses enfants mais à qui ses enfants doivent tout, à la fois horizon et éternelle maison du retour. Mais découvrir que la France est infiniment précieuse, c’est aussi découvrir qu’elle est infiniment convoitée. Par ceux qui veulent ses biens, comme par ceux qui aspirent à la détruire, parce que le sublime est et restera toujours un scandale pour l’homme que le mal habite.
Par mimétisme et par souci d’intégration, Emmy suit ses camarades à la messe, sans se douter que le Christ allait allumer dans son cœur un feu qui n’a fait que grandir. En témoigne la croix discrète mais obstinée qu’elle porte à son cou, qui vibre à chacun des mots qu’elle prononce.
Cet amour et cette reconnaissance envers son pays ne sont pas le seul héritage qu’Emmy Font s’est approprié pendant ces années de bahut. Elle y a rencontré Celui sans qui il n’y aurait pas de France. Par mimétisme et par souci d’intégration, Emmy suit ses camarades à la messe, sans se douter que le Christ allait allumer dans son cœur un feu qui n’a fait que grandir. En témoigne la croix discrète mais obstinée qu’elle porte à son cou, qui vibre à chacun des mots qu’elle prononce. Chaque année, elle rassemble le temps de quelques jours la quarantaine d’anciens du bahut qui lui tiennent lieu de frères et sœurs.
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Avignon, Montpellier puis Nîmes la voient étudier. À la fin de ses études, elle travaille dans un cabinet de comptabilité. Deux ans et demi très bien payés dans une équipe qu’elle aimait beaucoup et qui le lui rendait bien. Pour compenser le vide métaphysique abyssal que suscite la pratique de l’optimisation fiscale au quotidien, Emmy Font s’investit dans les mouvements métapolitiques qui bouillonnent autour de La manif pour tous en 2013. En particulier avec Les Antigones, un groupe de féministes conservatrices. Jusqu’au moment où elle prend conscience qu’il lui faut une unité de vie, un sacerdoce qui lui procure de la volonté au matin. Démission. « Il était temps ! » lui répond son patron, lequel était désolé de la voir se morfondre du soir au matin. Nous sommes en 2016.
Charles de Meyer la prend en stage dans le cabinet qu’il dirige à l’Assemblée, elle passe à l’IFP et se fait présenter au milieu parisien. C’est encore Charles de Meyer qui l’envoie vers Stéphane Ravier, bouillonnant sénateur du Rassemblement national des Bouches-du-Rhône et maire d’arrondissement à Marseille. Ça tombe bien, Emmy était rassasiée d’idées mais avait faim de terrain.
SOS Chrétiens d’Orient fêtait ses trois ans. Emmy part pour six mois en Syrie, sur les conseils d’une de ses amies partie, elle, en Irak, histoire de faire sauter dignement en l’air le ronronnement de sa vie qui l’exaspérait. « J’y suis allée pour faire du BTP. Je voulais porter des pierres et reconstruire. Mais SOS m’a demandé d’être chef d’antenne. J’étais, dans une ville, responsable des bénévoles, des salariés, des projets, des budgets. Ça a tourné en gestion de PME. Cette mission m’a énormément apporté ». Retour à Montpellier, regonflée à bloc, et déterminée à servir ; servir Dieu et la France. Pas de vocation à l’horizon, elle ne veut pas de femmes dans l’armée pour des raisons idéologiques, alors ça sera la politique. Charles de Meyer la prend en stage dans le cabinet qu’il dirige à l’Assemblée, elle passe à l’IFP et se fait présenter au milieu parisien. C’est encore Charles de Meyer qui l’envoie vers Stéphane Ravier, bouillonnant sénateur du Rassemblement national des Bouches-du-Rhône et maire d’arrondissement à Marseille. Ça tombe bien, Emmy était rassasiée d’idées mais avait faim de terrain.
Aujourd’hui Emmy Font est aussi marseillaise que la pelouse du stade vélodrome. Elle ordonne et oriente l’énergie communicatrice de son chef, avec bienveillance, vertu chrétienne qui lui tient très à cœur. C’est elle qui dirige la campagne de Stéphane Ravier pour la mairie centrale de Marseille. Pour jouer la gagne ? Bien sûr !
L’acclimatation à la cité phocéenne s’est bien passée. Emmy connaît son Sud par cœur, et quiconque ayant vécu plus de quelques semaines à Paris est un aventurier urbain prêt à défier les pièges de n’importe quelle jungle citadine. Aujourd’hui Emmy Font est aussi marseillaise que la pelouse du stade vélodrome. Elle ordonne et oriente l’énergie communicatrice de son chef, avec bienveillance, vertu chrétienne qui lui tient très à cœur. C’est elle qui dirige la campagne de Stéphane Ravier pour la mairie centrale de Marseille. Pour jouer la gagne ? Bien sûr ! On vous dit qu’elle est marseillaise !





