Que signifie le retrait de Martine Vassal ?
Qu’elle a échoué. Qu’elle a divisé son camp, qu’elle a divisé les Marseillais, et qu’elle n’est absolument plus légitime pour être ni maire ni présidente de la métropole. Que les électeurs ne veulent plus d’elle.
Dans son communiqué, elle utilise un vocabulaire très agressif contre le Rassemblement national. Mais ses électeurs sont-ils dans le même état d’esprit ?
C’est toujours la même chose dans toutes les élections, et pas seulement dans le cas précis des municipales à Marseille : les électeurs ne sont plus que très rarement dans le même état d’esprit que leurs états-major. Tout se passe bien sur le terrain, jusqu’à l’échelon des trois chefs qui se battent en duel et bloquent tout. Effectivement, Martine Vassal est très vindicative dans son communiqué, dans lequel transpire toute sa haine du Rassemblement national et de ses électeurs. Alors qu’aujourd’hui lorsque l’on parle à ses électeurs, ils préfèrent tous largement s’allier à Ravier et garder la ville plutôt que de la voir tomber à gauche.
Dans ces conditions, allez-vous soutenir LR malgré eux et leur donner le baiser de la mort ?
On verra demain, mais ça n’est pas au programme. Nous ne sommes pas spectateurs de ce troisième tour ; nous disposons de neuf voix, et nous avons fait un communiqué pour nous adresser à eux. Ils ont décidé tout seuls de perdre la ville et la donner à la gauche. Nous n’en sommes pas responsables. Ils veulent se diviser, nous cracher dessus, donc ils n’auront que ce qu’ils méritent.
Cette fin de campagne paraît empreinte d’amertume pour le Rassemblement national marseillais.
Oui. Très amère, surtout pour les XIIIe et XIVe arrondissements. Surtout quand on a travaillé comme on a travaillé. Je ne parle même pas de la campagne mais du travail municipal que nous avons abattu. Nous croisons tout le temps des administrés qui disent à quel point ils étaient certains que nous allions repasser haut la main. Mais ils ne sont pas allés voter. Nous n’avons pas réussi à faire comprendre à nos électeurs que nous étions sur la corde, au duel. Et ils sont tous étonnés, dégoûtés. J’ai croisé des gens qui en pleuraient ! De son côté, David Galtier (le candidat LR) a fait campagne dans les cités, et nous a pris trois cents voix de plus. Dans les noyaux villageois, dans le reste du secteur, nous sommes devant partout, mais dans les cités qu’il a draguées pendant des mois il nous passe devant. Nous avons lancé un recours, mais il y a peu d’espoir de ce côté-là.
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Estimez-vous que la campagne a été faite à la loyale ?
Non. Absolument pas, d’où le recours. Ils ont triché du début à la fin de la campagne. Nous avons tenté de le dénoncer pendant des mois. Dans les derniers moments, l’affaire des procurations frauduleuses est sortie, et elle a mis à jour une partie de leur système de pourris. Mais très tard. Nous espérons avec le recours réussir à prouver tout le reste. À Marseille la triche c’est tout le temps. Sauf pour nous : on perd de trois cents voix, mais on ne triche pas. Au premier tour, il y a l’explication COVID, on ne peut pas la nier. Mais au second tour, il y a une remise en question à faire : pour n’avons-nous pas réussi à faire sortir les électeurs ? Dans le 13-14, le secteur de Stéphane Ravier, il y a 74 % d’abstention ! Il y a quand même beaucoup de nos électeurs qui se sont sentis tellement tranquilles qu’il ne sont pas sortis voter. On va aller les chercher les sénatoriales, mais ça sera forcément plus compliqué qu’en 2014. On avait 20 élus, et 9 désormais. Il va falloir chercher les voix avec les dents, mais c’est encore jouable.
Propos recueillis par Louis Lecomte





