Les œuvres de Gérald Engelvin entrent en contraste avec notre chaos bavard. Avec Engelvin, et son amour immodéré de l’harmonie, nous comprenons à quel point la peinture procède d’un ordonnancement des formes. Tout est subtil et précis chez lui, et ce qui nous apparaît comme un uni fourmille en fait de micro-nuances de tons et de matière qui font vibrer ses tableaux. Le peintre a le secret des accidents à incorporer pour nous rendre amoureux au sein de notre contemplation. Engelvin alterne gris chauds et froids, casse toutes les couleurs et fait dialoguer teintes sourdes, pâleurs vibrantes et vifs ombragés.
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Obstiné de la demi-teinte, il campe à la frontière entre l’ombre et la lumière, cherchant à tendre vers la fresque et l’œuvre qui nous survit. Ainsi, il ponce, gomme, frotte, griffe, les souvenirs s’accumulent et nous sommes fascinés par l’étrange beauté de l’effacement ! « La matière est la volupté de la peinture, c’est un peu l’équivalent du timbre de la voix en musique », explique-t-il. La plupart des tableaux représentent des enfants dans des intérieurs élégants : l’innocence universelle dans l’écrin de la civilisation millénaire. Dans notre rêverie contemplative, nous nous sentons nostalgiques et une certaine gravité s’installe. « La gravité est une des caractéristiques de la beauté » confirme Engelvin. La beauté nous permet de nous remémorer ce pour quoi on est fait.





