Dans un rapport intitulé « Diffusion internationale du nationalisme blanc sur Twitter et YouTube » sorti le 7 juillet, le mouvement Génération Identitaire est assimilé aux mouvements suprémacistes blancs étatsuniens, mais aussi à divers actes terroristes commis ces dernières années par des individus se revendiquant de chapelles variées de l’ultra-droite, tant en Amérique du Nord qu’en Nouvelle-Zélande (Christchurch) ou en Allemagne. Se prévalant d’une déclaration du département d’Etat des Etats-Unis voulant que le terrorisme suprémaciste serait un danger mondial – ce qui est objectivement exact -, les auteurs du rapport pratiquent un amalgame étonnant entre les actes desdits terroristes et les actions mouvementistes de Génération Identitaire, bien inoffensives.
Un simple constat de bouleversements démographiques en Europe encore appuyé par les chiffres donnés par le think tank gouvernemental France Stratégie, qu’on soit ou pas d’accord avec ses conséquences éventuelles, ne saurait être un appel au terrorisme.
Spécialistes de ce qu’on appelle communément « l’agit prop », les militants de Génération Identitaire ont des méthodes d’action proches de celles que mettent en œuvre … les Femen. Ainsi, ils frappent l’imaginaire en déployant des banderoles lors de manifestations ou en occupant symboliquement des mosquées, comme celle de Poitiers qui leur a valu un long et médiatique procès. Durant la manifestation organisée par Assa Traoré pour dénoncer le racisme supposé de la police et les violences que ses agents commettraient dans l’exercice de leurs fonctions, les membres de Génération Identitaire ont dévoilé un message demandant « justice pour les victimes du racisme antiblanc » en écho des revendications de Black Lives Matter. Un gros coup médiatique qui les a peut-être placés dans l’œil du cyclone. Coordinatrice du rapport susmentionné, Heidi Beirich est une ancienne du célèbre et controversé Southern Poverty Law Center dont elle a été purgée en octobre 2019 des suites d’une lutte de pouvoir interne. Docteur en sciences-politiques diplômée de l’université de Purdue avec une thèse consacrée au « nationalisme blanc et au néofascisme », sujet qui ne cesse de l’obséder depuis lors. Au point de méconnaître les mouvements européens tels que Génération Identitaire ? C’est une possibilité extrêmement forte. De l’aveu même d’Heidi Beirich, elle fréquenta le fils du klansman tom Metzger lorsqu’elle était au lycée en Californie du Sud, ce qui ne fut pas sans influence sur son évolution personnelle. Mais quoi de commun entre Génération Identitaire et des personnages aussi caricaturaux ? Pas grand-chose à dire vrai.
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Le rapport compare notamment au premier degré Génération Identitaire à l’Etat islamique ou à Al-Qaïda, demandant qu’une même censure s’applique à ses partisans sur les grandes plateformes numériques telles que Twitter, Facebook ou YouTube. Le « Grand remplacement » y est évoqué comme constituant un socle idéologique commun à tous les suprémacistes. Tom Metzger et les extrémistes de cet acabit avaient-ils vent du « Grand Remplacement » quand ils sévissaient dans les années 1970 et avant ? Non. Un simple constat de bouleversements démographiques en Europe encore appuyé par les chiffres donnés par le think tank gouvernemental France Stratégie, qu’on soit ou pas d’accord avec ses conséquences éventuelles, ne saurait être un appel au terrorisme.
Madame Beirich et ses amis n’hésitent pas à biaiser, voire carrément à mentir pour atteindre leurs objectifs de censure. Ils affirment que « Génération Identitaire » se préparerait à commettre des « violences », organisant des camps paramilitaires dans la campagne française… Elle traduit ainsi le terme « militants » français avec le mot anglais « militant » qui est un faux ami, sous-entendant que le groupe se voudrait une milice. C’est inexact. L’équivalent de « militants » en anglais étant plutôt à trouver dans le mot « activist », ce qui correspondrait alors autant à Black Lives Matter qu’à Génération Identitaire. Quand l’animateur radio afro-américain Nick Cannon affirme que les blancs seraient « diaboliques » par nature, ne se rend-il pas coupable de racisme et d’un appel à la haine bien plus violent que tout ce dont on pourrait accuser Génération Identitaire ?
Contactée, la militante Thaïs d’Escufon s’est confiée sur ce qu’elle a ressenti après les multiples suspensions de ses différents comptes Twitter : « J’ai connu un sentiment de colère et d’injustice. Je n’ai enfreint aucune règle d’utilisation du réseau. Pour moi, il s’agit de censure. Je n’ai rien à voir avec le terroriste Brenton Tarrant ! Je ne fais qu’exprimer des idées dans le cadre légal. Mais je ne suis pas abattue. J’utilise désormais le réseau Parler ». De fait, appartenir à Génération Identitaire ne saurait être un motif de suspension valable du réseau Twitter. Idem, du reste, pour un compte faisant l’apologie des thèses « indigénistes » ou se réclamant d’un islam orthodoxe, s’ils n’appellent pas à la violence.
L’argument voulant que Twitter soit une entreprise privée, régulièrement évoqué par des militants de gauche, ne tient d’ailleurs pas. Les Gafam utilisent nos données personnelles pour faire du profit en échange d’un service, lequel est devenu un véritable service public et une ressource d’information de « première nécessité ». Ils n’ont pas à être les jouets de lobbyistes comme Heidi Beirich et son GOPAH qui ont un agenda idéologique explicite, ni à faire eux-mêmes les gendarmes de la correction politique sans nuance. Une nébuleuse dangereuse pour la liberté d’expression se met en place en Occident.
Les Gafam utilisent nos données personnelles pour faire du profit en échange d’un service, lequel est devenu un véritable service public et une ressource d’information de « première nécessité ». Ils n’ont pas à être les jouets de lobbyistes comme Heidi Beirich et son GOPAH qui ont un agenda idéologique explicite
Le « Global Project Agains Hate and Extremism » n’est que la face émergée de l’iceberg « progressiste » qui est un totalitarisme. Sleeping Giants, Black Lives Matter ou les groupes LGBT veulent imposer une narration unidimensionnelle. Ayant la mainmise sur les contenus de l’imaginaire (cinéma, séries) comme l’a démontrée la campagne de harcèlement dirigée contre JK Rowling, ils s’attaquent maintenant aux réseaux sociaux qui ont longtemps été un sanctuaire… Soyons vigilants car la fin est proche.





