Son dernier rapport annuel nous apprend qu’il compte 1 330 loges, dont 1 194 en France, et qu’elles recensent 52 450 membres. Ils paient tous des frais. Dans un livre récent, Franck Fouqueray, qui poursuit son 3ème mandat de vénérable maître d’une loge de la Grande Loge Mixte de France (à vos souhaits !), explique comment le système se finance. Chaque année, les frères s’acquittent d’une cotisation nommée « capitation ». Son montant est compris entre 100 et 450 euros en fonction des loges. En 2004, l’Express révélait qu’au Grand Orient de France, ce montant se situait entre 300 et 400 euros. La capitation est incontournable. En cas de refus de paiement injustifié, les maîtres de la loge peuvent voter la radiation pour non-paiement.
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Cela peut entraîner l’impossibilité de se réinscrire dans une autre loge, car beaucoup sont liées par des « traités d’amitié », aux termes desquels elles se refilent la liste de leurs mauvais payeurs. L’essentiel de la capitation est reversé à la tête. Le solde reste dans la loge de rattachement et finance la location des « temples » où se déroulent les réunions, qui coûtent en moyenne 100 euros. Le budget d’une petite loge locale tourne autour trois mille euros. Il en va autrement de la tête. Avec sa part sur les capitations des 1 330 loges, le GOF perçoit un flux annuel compris entre 5 et 15 millions d’euros. Mais la richesse véritable du Grand Orient est ailleurs.
Le GOF bénéficie en partie des revenus issus d’une autre association, EDIMAAT, consacrée à l’édition de livres dédiés à la franc-maçonnerie. En 2004, le chiffre d’affaires ressortait à neuf cent mille euros. Pas de quoi sauter en l’air. Il en va autrement du poids de la SOGOFIM. Cette société par actions simplifiées, créée 1956, appartient au Grand Orient de France. L’Express révélait en 2004 qu’elle possédait 360 immeubles pour une valeur de 250 millions d’euros, dont 40 millions pour le siège du 16 rue Cadet dans le 9ème arrondissement de Paris. Les locations permettaient à la SOGOFIM de réaliser 2,8 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2019, cette activité a doublé et la société a réalisé 5 millions.
Avec un budget annuel total compris entre 10 et 20 millions d’euros, les Francs-Maçons du Grand Orient ont de quoi se payer une équipe comprise entre 40 et 80 permanents
C’est bien joué car le nombre d’immeubles a fondu pour passer de 360 à seulement 117 biens. Avec une règle de trois, on en déduit qu’il y a eu des ventes pour 168 millions d’euros. Enlevez 25% d’imposition sur les plus-values immobilières, et il a dû rester 126 millions. Ils sont forcément quelque part. Toutefois, le capital social de SOGOFIM n’est « que » de 22 420 000 euros. C’est bien joué car la valeur réelle du parc immobilier doit être dix à vingt fois plus élevée. Avec de tels moyens, le Grand Orient a pu se payer sa propre fondation. Elle subventionne chaque année des projets pour environ 250 000 euros, et peut doubler la mise.
Avec un budget annuel total compris entre 10 et 20 millions d’euros, les Francs-Maçons du Grand Orient ont de quoi se payer une équipe comprise entre 40 et 80 permanents. Et le Grand Orient, quoique la plus importante loge de l’Hexagone, ne compte qu’un tiers des 150 000 frères et sœurs de France. Au final, les finances des Francs-Maçons doivent leur permettre de payer 120 à 240 permanents dédiés à la promotion de leurs idées. C’est à la fois beaucoup, mais pas insurmontable. Le petit doigt de l’Incorrect lui susurre qu’il n’y a aucune raison pour que cette organisation, qui date du siècle dernier, n’ait pas pris les mêmes plis que les autres oligopoles de son espèce, rongés de l’intérieur par des esprits devenus mesquins à force de tourner en rond. Tout cela sent le vermoulu et tombera d’une chiquenaude.





