Le Journal officiel du 13 septembre dernier nous apprenait que le ministère de l’Intérieur a renouvelé l’agrément de l’association Transparency International en vue de l’exercice des droits de la partie civile. M. Darmanin a donc considéré naturel d’autoriser le bureau français d’une organisation américaine cofondée par un ancien des renseignements militaires américains ayant été basé en Europe, à pouvoir attaquer devant la justice française quiconque lui déplaît au nom de la lutte contre la corruption.
Les Américains sont gentils d’avoir pensé à surveiller les élus de notre République pour les inciter à ne pas privilégier leurs entreprises dans les appels d’offre. Il faut bien que les Yankees puissent aussi prendre des marchés publics
Ce bureau hexagonal est actuellement dirigé par Nadège Buquet. Cette jeune femme fut membre d’un cabinet ministériel du gouvernement de Bernard Cazeneuve. Elle est spécialiste des « plaidoyers » des associations. Vous savez que les associations ne font pas de lobbying. Quelle horreur ! Plutôt, elles produisent des « plaidoyers ». Entre autre chose, votre Mme Buquet fut bénévole de la Cimade, cette association d’extrême-gauche dont le but est d’accueillir autant de migrants que possible. Vous vous en êtes réjouis.
Transparency International est célèbre pour son indice fumeux sur le taux de corruption des pays. Il se base sur la perception des hommes d’affaires. C’est dire si la mesure est fiable, et vous savez à quel point elle fait rigoler tout le monde, sauf ceux des journaux qui n’ont pas compris qu’on se paye leur fiole.
En France, l’association surveille nos maires, députés, et autres conseillers régionaux. Elle édite un site web qui compte les interventions de nos parlementaires. Cela permet de savoir qui ne fout rien. Elle compile aussi les condamnations judiciaires pour corruption et les indique sur une carte. Bon, elle ne contrôle pas la Cimade ou SOS Racisme. Mais les Américains sont gentils d’avoir pensé à surveiller les élus de notre République pour les inciter à ne pas privilégier leurs entreprises dans les appels d’offre. Il faut bien que les Yankees puissent aussi prendre des marchés publics.
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L’association a reçu 612 000 € en 2018. Pas mal. Là-dedans on trouve 20 000 € de cotisation, soit 3,55% des recettes. Vous êtes heureux de constater à quel point l’assise est populaire. Heureusement, elle a pu compter sur plus de 250 000 € de cotisations versées par plus de 40 personnes morales, dont la fine fleur du CAC 40. « Et l’indépendance vis-à-vis des entreprises ? » vous êtes-vous demandé. Il y a eu aussi 165 000 € de dons défiscalisés à 60%, ce qui veut dire que l’État en est de 100 000 € de sa poche. « L’État cofinance cette activité, quel bonheur », avez-vous pensé. Au passage, vous avez relevé avec intérêt dans le bilan l’existence d’une dette supérieure à 1,1 millions d’euros. Il va de soi que n’importe quelle banque prête facilement un million à une nouvelle association totalement indépendante et désireuse de s’attaquer à de gros intérêts.
« Et si ce n’est pas une banque, alors qui ? », avez vous pensé. Bonne question.





