Avec 5 autres députés de la commission des lois vous vous êtes rendus hier matin à la prison de Fresnes. Pourquoi y êtes-vous allé et quels constats avez-vous dressés ?
D’une part, c’est une tradition que la commission des lois aille visiter une prison en début de mandature. D’autre part, une visite à la prison de Fresnes avait été organisée par le président de la commission des lois : le macroniste Sacha Houlié. Nous n’avions pas l’intention de nous faire encadrer comme des enfants à qui on montre que ce qu’il faut montrer et sans la possibilité de poser de questions parce que c’était lui l’organisateur.
Nous n’avions pas l’intention de nous faire encadrer comme des enfants à qui on montre que ce qu’il faut montrer.
Nous y sommes allés en tant qu’élus indépendants. L’objet de cette visite était de manifester notre soutien au personnel pénitencier qui travaille dans des conditions très difficiles, constater la surpopulation carcérale et enfin faire le lien entre la surpopulation carcérale et la surreprésentation de personnes de nationalité étrangère dans les prisons.
Lire aussi : La rentrée réussie des députés RN
Le taux d’occupation des établissements pénitentiaires français s’établit désormais à 118 %. Marine Le Pen a annoncé qu’elle voulait 85 000 places de prisons en 2027. Quelles propositions allez-vous faire à l’Assemblée nationale sur ce sujet ?
Pour rappel, Macron en 2017 avait promis 15 000 places de prison. Or à ce jour, seulement 2000 ont été livrées. Là, il promet la création de nouvelles places de prison. Il est temps ! Les prisons craquent et encore, elles ne sont pas remplies au maximum. Faute de place, beaucoup de juges prononcent des peines alternatives. Marine avait fait la proposition tout à fait pertinente d’arriver à 85 000 places d’ici 2027-2028, ce qui fait une augmentation de 25 000 puisque aujourd’hui il n’y en a que 60 000.
De plus, nous voyons trois choses pour lutter contre la surpopulation : d’abord la construction comme évoqué ci-dessus. Ensuite, il y a la dissuasion.
Le problème est qu’avec un certain nombre de ministres de la justice aux politiques laxistes comme madame Belloubet ou monsieur Dupond-Moretti, les peines de prison de moins d’un mois ne sont plus prononçables donc n’existent plus.
Le problème est qu’avec un certain nombre de ministres de la justice aux politiques laxistes comme madame Belloubet ou monsieur Dupond-Moretti, les peines de prison de moins d’un mois ne sont plus prononçables donc n’existent plus. En ce qui concerne les peines de moins de 6 mois, elles ne sont plus appliquées. Par conséquent, il n’y a plus de dissuasion par le spectre de la prison. Nous, nous considérons que la certitude de la peine (vous faites une bêtise, vous êtes sûr d’aller en prison) est le meilleur moyen pour dissuader les délinquants. Enfin, nous voulons l’expulsion des délinquants étrangers…
A Fresnes, 46% des détenus sont étrangers. Pensez-vous qu’il y a du communautarisme dans les prisons ? Trouvez-vous que la cohabitation entre les détenus Français de souche et ceux d’origines extra-européennes pose un problème ?
Je ne peux que le supposer, je ne l’ai pas vu. Je m’appuie que sur ce que je lis dans la presse donc j’imagine qu’il y’a du communautarisme dans les prisons. En tout cas, lors de cette visite, nous avions des demandes très précises car nous étions limités par le temps. Ce que nous avons vu a corroboré avec ce que j’ai pu constater la semaine dernière lors de ma visite à la prison de Bordeaux-Gradignan qui compte déjà 35% de détenus étrangers. Pour avoir échangé avec les agents, oui, il y a un véritable prosélytisme en prison par la proximité des individus entre eux.
Pour avoir échangé avec les agents, oui, il y a un véritable prosélytisme en prison par la proximité des individus entre eux.
Justement, ce matin, nous sommes allés voir le quartier disciplinaire, le quartier d’isolement mais aussi et surtout ce qu’on appelle la « MAF » qui est la partie dédiée aux femmes. Dans cette partie, il y avait notamment une cellule où résident des femmes radicalisées. Les femmes présentes dans cette aile sont 5 françaises rapatriées de Syrie. Ce ne sont vraiment pas des enfants de chœur. En l’occurrence, c’est une cellule d’observation qui permet de voir comment ces femmes agissent. C’est évident, avec nous, ces femmes ne seraient jamais rentrées de Syrie ! Elles seraient restées là-bas et on aurait procédé à une déchéance de nationalité pour indignité et intelligence avec l’ennemi. Typiquement, ce matin on aurait libéré 5 places…
Lire aussi : Prisons : à l’ombre du califat
A la fin de l’été, on a pu voir qu’une course de karting avait été organisée à Fresnes. Quand sonne-t-on la fin de la récréation ?
Nous n’avons pas évoqué ça ce matin parce que je pense que tout a été dit sur le sujet. Il est évident que les prisons ne sont pas des lieux de villégiature et il est tout aussi évident que l’argent du contribuable ne doit pas servir à organiser ce genre de manifestation. La prison n’est pas faite pour se faire des copains, et encore moins si ce sont les agents.
Comment améliorer les conditions de détention des détenus ?
A Gradignan, ils sont 3 dans 8m2. Pour améliorer les conditions de vie des détenus, on lutte contre la surpopulation. Les surveillants pénitentiaires me confiaient que lorsque les détenus avaient le droit à une douche de 10 minutes, ils n’ont en réalité que 5 minutes pour la prendre du fait qu’il y a deux fois trop de monde. La surpopulation carcérale est due à la surreprésentation des personnes de nationalité étrangère, c’est flagrant et c’est pour moi le cœur du problème.
La surpopulation carcérale est due à la surreprésentation des personnes de nationalité étrangère, c’est flagrant et c’est pour moi le cœur du problème.
De plus, la question est de savoir pourquoi les prisons sont aussi dégradées. Certes, il y en a qui sont vieilles et qui n’ont pas été rénovées, mais les détenus dégradent aussi beaucoup. Par exemple, ce matin, on a pu constater qu’il y avait beaucoup de bouteilles dans les barbelés. Je doute que ces bouteilles soient arrivées là toutes seules. C’est bien parce qu’il y a un manque de respect. Les gens qui sont là testent la France. Ils ne sont pas contents d’être là donc ils manifestent leur mécontentement en dégradant. On a vu un certain nombre de cellules qui sont repeintes régulièrement pour effacer les écritures car tout le monde écrit sur les murs dans l’impunité la plus totale. Ce n’est pas un environnement où on a envie de travailler ou résider. C’est un repoussoir. C’est pour tout cela que nous nous voulons expulser les délinquants étrangers. Les gens qui arrivent sur notre territoire, à qui on offre l’hospitalité, qui ne respectent pas nos lois, notre République, on les garde dans nos prisons et à nos frais. Une journée en prison coûte 110 € au contribuable, une journée en centre de rétention administrative 690 €, donc stop.





