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Fin de partie

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Publié le

23 octobre 2020

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Dans Les Grand-remplacés, Paul Conge, journaliste à Marianne, s’est plongé dans le marigot de l’alt right française, cette extrême droite nouvelle génération. Critique de Rémi Lélian
remplaces

Histoire d’aller voir le diable en face, Paul Conge, journaliste à Marianne, s’est plongé dans le marigot de l’alt right française, cette extrême droite nouvelle génération, qui panique selon lui sur les réseaux sociaux, fantasme à la fin de l’homme blanc sur les écrans de ses web télés, bref parle du Grand Remplacement, comme ici à L’Incorrect qui a l’heur d’être cité parmi la faune bigarrée des youtubeurs et autres coach en virilité, faiseurs d’opinion en tous genres, mais de droite en particulier, même si le terme dans certains cas peut paraître franchement galvaudé.

Bref, le panorama est exhaustif, pas si malhonnête, car si on rencontre les habituels clichés du jeune blanc paumé qui a noyé son malaise existentiel en trouvant une cause politique à défendre, les portraits sont suffisamment nuancés pour que l’on comprenne qu’il s’agit là d’un phénomène prenant une ampleur inédite ; laquelle nécessite d’aller au-delà des caricatures afin de pouvoir véritablement l’appréhender.

Lire aussi : Ceux qui savent qu’on nous ment

L’écueil principal, cependant, que rencontre Paul Conge, mais tel n’était peut-être pas le but qu’il s’était fixé en menant son enquête : comprendre les raisons de cette dissidence, comme elle aime elle-même à s’appeler ; raisons qui ne sont jamais véritablement analysées autrement que comme des données fatales contre lesquelles on ne peut rien. Le journaliste, dont le regard plutôt neutre est appréciable, se contente d’évoquer le malheur d’untel souffrant d’avoir vu peu à peu le quartier de son enfance se transformer et augmenter en violence jusqu’à le faire s’y sentir un étranger apeuré, à raison, ou bien celui de telle ancienne étudiante parisienne se plaignant d’être agressée en permanence et qui milite désormais pour un féminisme racial.

C’est aussi l’intérêt de ce livre de ne pas présenter exclusivement les fameux « grand-remplacés » comme des délirants psychotiques. Toujours est-il qu’une chose est sûre, si les petits blancs ont longtemps participé à la cohésion sociale, qu’ils ont voulu tenir le pari des valeurs républicaines longtemps encore après que, petit à petit, tous les autres s’en sont détournés – et la République en premier lieu –, il semble bien qu’à force d’être les perpétuels perdants d’un jeu tronqué, ils commencent à quitter la table…

Les Grand-remplacés de Paul Conge
Arkhé, 196 p., 19€

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