Même si elle reste discrète, voire secrète dans ses pratiques, la franc-maçonnerie incarne pour ses affiliés « frères et sœurs » une image de tolérance fondée sur le triptyque des valeurs républicaines affichées sur le fronton de nos bâtiments institutionnels. Pour ses adversaires déclarés, la franc-maçonnerie est une société secrète qui influence les politiques, surtout de gauche, pour faire voter des lois progressistes. À vrai dire, il existe autant de franc-maçonneries que d’obédiences et il faudrait distinguer les loges de tendance sociétale (comme le Grand orient ou le Droit humain) et celles de tendance symboliques (comme la Grande loge nationale française, GLNF).
Dans une de ces loges, une exclusion d’ordre hautement politique a eu lieu, restée confidentielle, mais qui devrait faire davantage parler.
La logique de toute entité est le refus de l’exclusion, sauf si un membre de la communauté trahit la confiance ou commet un acte rendant impossible son maintien au sein du groupe : depuis la nuit des temps, chaque groupe d’hommes suit cette règle.
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La franc-maçonnerie comprend des hommes, des « frères », et parfois des femmes, des « sœurs », en cas de mixité ou d’obédience strictement féminine. Constituée plutôt de progressistes, elle ne représente pas moins en partie toutes les tendances politiques du pays, droite nationale comprise.
En PACA, il serait d’ailleurs encore plus étonnant, compte tenu des résultats électoraux depuis près de quarante ans, que la droite nationale soit totalement absente de la franc-maçonnerie.
Lorsque Thierry Mariani, ancien ministre de Sarkozy, rejoint le Rassemblement national (RN) en 2019, et en devient un des députés au Parlement européen, il conserve sa casquette de président de la Droite populaire, mouvement fondé en 2010 désormais allié au RN, dans une volonté d’ouverture vers la droite traditionnelle, dite républicaine.
En PACA, il serait d’ailleurs encore plus étonnant, compte tenu des résultats électoraux depuis près de quarante ans, que la droite nationale soit totalement absente de la franc-maçonnerie.
En passant le limes pour rejoindre le RN, Thierry Mariani y invite les quelques membres de La Droite populaire, aile droite de l’UMP puis de LR pour l’assister dans le combat politique notamment en PACA. Ainsi, une élue, conseillère municipale de Lauris, dans le Vaucluse, se retrouve, en tant que membre de La Droite populaire, candidate aux élections départementales de 2020 sur le canton de Pertuis pour le RN. Jade Escoffier se confie d’ailleurs sur Facebook à l’époque : elle a toujours été à droite et « ne se retrouve plus dans cette droite molle […] qui vire un coup LaREM, un coup au centre, un coup à gauche ».
Toujours à droite, Jade Escoffier ? Sans doute, mais elle est aussi « sœur » affiliée à la GLMF (Grande loge mixte de France), à ne pas confondre avec la traditionnelle et symbolique GLNF.
Cette candidature « La Droite populaire-RN » aux départementales vient à l’oreille de l’obédience, qui suspend « à titre conservatoire » Jade Escoffier. Le motif : l’appartenance ou la collaboration à un groupement appelant à la discrimination et à la haine. Jade Escoffier n’a commis aucune infraction mais elle a présenté sa candidature sous l’étiquette de La Droite populaire avec le soutien du RN. Elle s’affirme, de surcroît, toujours avoir été « à droite ».
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Bref, son sort maçonnique est scellé le 9 octobre 2021 à Paris. Le conseil d’administration de l’obédience se réunit (dix-huit membres tous présents, compte tenu de l’importance de l’affaire !). La « sœur », déjà suspendue par sa fratrie, est exclue à titre définitif par décision prise à l’unanimité. Pas un seul des dix-huit administrateurs n’a osé soutenir le libre-arbitre électoral de l’ex-« sœur ».
Cet exemple tend à démontrer par l’exemple que l’exclusion est dans un camp, et que ce camps n’est pas le nôtre.





