Samedi 19 février 2011. Vallée d’Alasay, Afghanistan. Le Sergent Hodicq dirige une mission de reconnaissance avec son groupe de combat. Au détour d’une colline, le véhicule blindé des fantassins du 7e BCA est victime d’une embuscade dans un vacarme assourdissant. Coup au but : deux roquettes viennent d’immobiliser leur VAB. Clément, son frère d’arme, meurt sur le coup. Benjamin a la jambe arrachée. Blasté, Geoffrey fait face et riposte avec son groupe en évacuant les survivants de l’engin en flammes. Geoffrey s’en sortira par miracle ; le corps est entier, mais les nerfs ont mal encaissé le traumatisme de l’embuscade. Le diagnostic tombe : syndrome post-traumatique. Médaille militaire et autres breloques au poitrail, il termine instructeur commando à Saint-Cyr avant de quitter l’armée pour prendre soin des blessés de guerre qui n’auront pas la chance, comme lui, d’avoir refait surface.
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Sa « Seals team » s’illustrera dans des défis sportifs en rafales pour médiatiser le SPT depuis 2015, sujet tabou dans « La Grande muette » qui accepte mal de voir un sous-off’ réputé dur au mal fondre en larmes au fond de sa piaule accroché à une bouteille de whisky. D’exploits en records, Geoffrey embarque soldats, gendarmes et pompiers dans l’aventure. Mais de retour d’un défi aux USA, la femme d’un baroudeur l’interpelle : « Après vous avoir quitté, me dit-elle, mon mari a recommencé à me menacer et passait des heures devant notre télé… éteinte ». Il fallait aller plus loin et donner du sens. « Résilience permet à des militaires, des pompiers ou des représentants des forces de l’ordre blessés de reprendre confiance en eux, en transmettant leurs valeurs et leurs compétences à un public en difficulté » répète à l’envi le montagnard dont la structure projette d’encadrer plus de 4 000 jeunes en difficulté en 2025 avec une task force de bientôt 200 encadrants autour de cinq Maisons des blessés inaugurées partout en France avec le soutien d’entreprises partenaires. Et ce n’est qu’un début.
La structure projette d’encadrer plus de 4 000 jeunes en difficulté en 2025 avec une task force de bientôt 200 encadrants
« On croule sous les demandes du ministère de la Justice et de l’Aide Sociale à l’Enfance, qui ne sait plus comment gérer certains jeunes placés. » Rébellion, fugues, violences, agressions contre les éducateurs, prostitution… L’institution est exangue, les personnels dépassés et les perspectives plutôt sombres. PJJ et autres centres d’insertion EPIDE ne voient plus que par ces braves au grand cœur qui préfèrent l’écrin de la nature sauvage aux ors de la République pour revenir à l’essentiel avec les jeunes en pleine nature et les confronter à eux-mêmes sans écrans ni paradis artificiels. Laissant les politiciens à leur tambouille clientéliste, il enchaine les stages dits d’oxygénation en pleine forêt avec une équipe de bénévoles dévoués. « On vient d’accueillir deux jeunes qui avaient ruiné un centre départemental d’aide sociale à l’enfance, causant 150 000 € de dégâts […] Comme souvent, ils m’annoncent en arrivant qu’ils vont fuguer… »
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En mode survie et dépassement de soi, le pétard n’est plus la priorité. L’urgence ? Dormir au sec le ventre plein. « Ils n’ont pas le choix. On appuie sur leur point faible : ils ne sont pas du tout rustiques. Et s’ils nous défient sur ce terrain-là, on en rigole. Le froid, la pluie, le manque de sommeil, c’est notre ADN de combattant. Ils abandonnent très vite le bras de fer… » Résultat : non seulement ils n’ont pas fugué, mais ces deux-là ne voulaient plus partir… Comme il l’explique aux chefs à plumes intrigués par leur protocole sur mesure : « Venez passer une semaine sur le terrain et vous comprendrez. » À vos ordres, Chef. Rendez-vous est pris…





