En 2002, vous publiez Les Territoires perdus de la République. Avec le recul des années, comment analysez- vous la réception critique de
cet ouvrage ?
En 2002, l’accueil des Territoires perdus de la République est marqué par un silence général troué par quelques voix, rares, comme le journaliste Éric Conan et l’écrivain Alain Finkielkraut. À gauche, le livre est accueilli par le silence et le mépris. L’ouvrage commence à être connu en 2003, quand le président Chirac utilise l’expression « territoires perdus », et quand nous sommes reçus par la cellule scolaire de l’Élysée qui nous fait auditionner par la Commission Stasi – qui statuera en 2004 sur le port du voile islamique à l’école.
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Quelles sont les origines de ce déni français ?
Il me semble que le gauchisme culturel y joue un rôle-clé, en particulier par le canal des écoles de journalisme. Un gauchisme culturel qui succède à la domination culturelle du Parti communiste, aux engagements de la gauche durant la guerre d’Algérie qui ont alimenté un sentiment de culpabilité vis-à-vis de l’immigration. Sans oublier l’idéologie tiers- mondiste des années 1970-1980, et une certaine fascination pour l’islam perçu comme la religion des pauvres et des déshérités dans la foulée de la révolution islamique de 1979 en Iran. Ces idéaux, respectables, ont été cyniquement instrumentalisés ensuite par le président Mitterrand qui, en perte de vitesse après le « tournant de la rigueur » de 1983, utilise l’extrême droite et la question de l’immigration pour empêcher le retour au pouvoir de la droite classique.
Avez-vous subi des tentatives d’intimidation ? Quelles conséquences pour votre carrière ?
L’intimidation médiatique est puissante quand les micros se ferment et que l’on est déclaré « clivant », un mot qui vous vaut une exclusion silencieuse, en particulier dans les médias de service public. À cette censure d’État par procuration, ajoutez l’omerta des médias de la bien-pensance et la censure insidieuse mise en place par certains libraires contre des maisons d’édition jugées « islamophobes » et/ou « proches de l’extrême droite », à l’instar de L’Artilleur dont plusieurs librairies refusent de commander les ouvrages. Ne cherchez pas de censure d’État en France, il n’y en a pas : la censure véritable est chez les gens de progrès. Mes prises de position ont mis un terme à ma carrière professionnelle quand le directeur du Mémorial de la Shoah a refusé de prolonger mon contrat de peur que mon nom fasse désormais mauvaise figure dans les « banlieues musulmanes ». L’affaire ne manque pas de piquant quand cette institution qui se prévaut chaque jour d’être à la « pointe du combat contre l’antisémitisme » met discrètement à la porte son directeur éditorial coupable d’avoir dénoncé l’antisémitisme originaire du Maghreb.
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Aujourd’hui, à l’aune du conflit israélo-palestinien, on observe à quel point le fossé est devenu profond entre une certaine France immigrée et une France des origines…
Le conflit israélo- arabe met en lumière une fracture culturelle entre deux camps, celui attaché à la nation, à la République et aux valeurs des Lumières, et celui qui récuse l’Occident et prétend imposer de nouvelles normes (islamiques) de vie collective. C’est le résultat d’une immigration de masse majoritairement musulmane et dont une partie est mal voire pas du tout intégrée – voulue par les classes dirigeantes pour casser les classes populaires dont elles avaient eu si peur lors de la grève générale de mai-juin 1968. Le résultat est là, les classes populaires sont cassées. Et la France avec elles.





