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Ghislain Benhessa… sort la sulfateuse

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Publié le

10 avril 2026

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Dans « Nos Vrais Maîtres » (L’Artilleur), l’avocat Ghislain Benhessa attaque à la sulfateuse l’Europe des juges et nous rappelle comment les institutions européennes travaillent, depuis leur création, à la fin des pays souverains.
© Capture d'écran CNews

Vous démontrez que l’UE est une hydre à deux têtes. D’un côté la Commission dirigée par l’ineffable Ursula von der Leyen, et de l’autre la Cour de justice.

Ursula von der Leyen se rêve en impératrice. Sa chevelure blonde incarne l’UE. Mais les pouvoirs dont elle dispose, ainsi que la Commission, dépendent largement de la puissance de frappe des juges européens, qui assomment dans l’ombre les États. Au fond, si l’Europe avance à bride abattue, imposant son fédéralisme par petites touches irréversibles, c’est grâce à ses robes noires. Nul ne les connaît, et pourtant, depuis les années 1960, ce sont eux qui dévitalisent la souveraineté des peuples. Retranchés à Luxembourg, ils font le boulot.

Les racines du mal, comme vous le montrez, résident dans l’ascension de Jean Monnet et aussi de quelques sbires peu fréquentables, comme Maurice Lagrange ou Karl Roemer…

En apparence, des hommes sans histoire. Des silhouettes dont la légende ne parle jamais, qui ont été choisis pour construire l’Europe. Mais quand on gratte, le vernis craque. Lagrange, magistrat passé par Vichy, artisan du statut des Juifs et adorateur de Pétain, est devenu le conseiller de Monnet et le stratège de la justice européenne. L’avocat Karl Roemer a participé à l’exploitation de la France par les nazis avant de rejoindre Luxembourg. Par-delà leurs zones d’ombre, tous ont fabriqué l’Europe en s’entraidant, par un jeu ininterrompu de chaises musicales.

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S’agit-il d’un État profond ?

C’est le prototype de l’État profond. Son administration, aussi pléthorique que grassement rémunérée, bénéficie d’un pouvoir immense. Sans jamais rendre de comptes. Surtout, ceux qui la composent ont la même idéologie, les mêmes modèles. Ils viennent des mêmes cercles, ont lu les mêmes livres. C’est une armée d’apatrides, qui a mis la main sur l’Europe pour redéfinir les règles du jeu – loin des peuples et souvent contre eux.

Comment peut-on sortir de ce plan diabolique ?

D’abord en le dévoilant. En mettant à nu ce que Michel Debré appelait la « conspiration de l’intégration ». Derrière les traités, il y a des hommes, des réseaux, une direction. Ensuite, il faut remplacer ces élites de la trahison, qui ont constitué un empire hors-sol entre Bruxelles et Luxembourg.

On présente souvent le trumpisme comme une issue de secours, mais Donald Trump ne méprise-t-il pas autant les pays européens que l’Union européenne ?

Je pense que Trump et les siens n’ont que faire d’une UE qui symbolise pour eux la sortie de l’Histoire. Dans un monde où la guerre fait rage, où les rapports de force dominent, où les intérêts nationaux priment sur tout le reste, un objet politique non identifié comme l’UE, peuplé de hauts fonctionnaires non élus, suinte la défaite.


NOS VRAIS MAÎTRES, GHISLAIN BENHESSA, L’ARTILLEUR, 180 P., 17,90 €

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