Skip to content

Globe, canard « câblé » de la génération Mitterrand

Par

Publié le

19 mai 2021

Partage

Globe, le journal de la « gauche caviar » semblait avoir prêté allégeance à Mitterrand et avait bien évidemment la droite dans le viseur. Manque de pot, il n’a pas survécu à la crise socialiste.
globe

Déclinaison tricolore de Vanity Fair, Globe mérite sans conteste l’étiquette de magazine le plus mitterrandien de son temps. Fondé en novembre 1985 par Georges-Marc Benamou avec l’aide de Pierre Bergé, il incarne à merveille – par sa superficialité mêlée de profondeur et son goût du glamour chic – la quintessence de ce que l’on a appelé la gauche caviar. Dans le sillage de l’antiracisme qui émerge à cette époque, Globe identifie assez vite un totem à abattre : la droite. En effet, alors que la cohabitation rebat les cartes de la politique française dès 1986, le titre se lance dans une bataille féroce contre « l’ordre moral ».

Dans le sillage de l’antiracisme qui émerge à cette époque, Globe identifie assez vite un totem à abattre : la droite

À grand renfort de tribunes au ton volontiers inquisiteur et signées – entre autres – par l’inénarrable Bernard-Henri Levy, le mensuel préféré des « chébrans » des années 80 profite de son statut de journal d’opposition pour défendre bec et ongles la figure du chef d’État socialiste. En témoignent leurs unes mémorables, comme autant de déclarations d’amour à Tonton (« Ne nous quitte pas », en décembre 1987).

Adepte des coups tordus et des impostures, Globe offre en amuse-gueule à son lectorat des reportages en immersion façon « gonzo », comme celui de Denyse Beaulieu (« Mata-Hari chez les fachos »). Se faisant passer pour une journaliste québécoise, elle fait la tournée des meetings du FN en septembre 1987 et en réussit même à piéger Jean-Marie Le Pen.

Lire aussi : Le front républicain : un plan à trois

L’activisme politique de Globe lui vaudra ainsi d’être la cible d’un attentat perpétré en pleine nuit par le PNFE en 1988. Au terme d’une aventure de huit ans, Globe change de formule pour devenir un hebdomadaire en 1993. C’est le début de la fin : le magazine ne survivra pas à la crise de la gauche et disparaîtra en juillet 1994. Ironie de l’histoire : beaucoup de journalistes emblématiques de la presse de droite comme Élisabeth Levy, André Bercoff, Benoît Rayski ou Éric Zemmour sont passés par la case Globe !

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest