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17 juin 1898 : Guerre hispano-américaine, ou l’été rhum-coca

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17 juillet 2025

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L’intervention des États-Unis dans la guerre d’indépendance cubaine en 1898 constitue une étape aussi décisive que méconnue du développement de l’impérialisme américain. Washington y inaugure une politique de la guerre humanitaire promise à un brillant avenir.
© La Bataille de Boyacá de Martín Tovar y Tovar

Au crépuscule du XIXe siècle, Cuba est, avec Porto Rico, le dernier vestige de l’immense empire espagnol des Amériques. Plus pour longtemps peut-être, car en 1895 y éclate une guerre d’indépendance. La répression espagnole, qui passe notamment par l’internement massif des civils cubains dans les premiers camps de concentration de l’histoire, révolte l’opinion publique américaine, excitée par les quotidiens à grand tirage. De plus en plus de responsables politiques réclament une intervention militaire à but humanitaire sur l’île au large de la Floride.

Le président républicain McKinley s’y refuse néanmoins, influencé par les milieux d’affaires qui redoutent les conséquences économiques d’une guerre. Mais en février 1898, un navire de la marine américaine qui mouille à La Havane explose, ce qui entraîne la mort de centaines d’hommes d’équipage. La presse se déchaîne sur l’Espagne, accusée de la catastrophe sans la moindre preuve tangible. Qu’importe, les Américains ont tranché. Ce sera la guerre, devant laquelle McKinley ne peut plus reculer.

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Si des combats ont d’abord lieu aux Philippines, à l’époque aussi possession espagnole, le sort du conflit se joue bien dans les Caraïbes. Le 20 juin, un corps expéditionnaire américain de dix-sept mille hommes débarque à Cuba, près du port de Santiago qui abrite la flotte ibérique. Au terme de combats très durs qui révèlent son impréparation, l’US Army parvient à s’emparer des hauteurs qui dominent la ville début juillet. Depuis ces dernières, elle peut pilonner les navires adverses qui doivent tenter une sortie désespérée, au cours de laquelle ils sont anéantis. Sans flotte, les forces espagnoles à Cuba capitulent le 17 juillet.

Le traité de paix qui suit transfère aux États-Unis Cuba, Porto Rico et les Philippines. À peine plus de cent ans après son indépendance, l’Amérique devient elle-même une puissance coloniale. Cette contradiction apparente découle en fait logiquement de l’identité américaine. L’exceptionnalisme imprègne les États-Unis avant même leur création, dès l’arrivée des premiers colons britanniques sur la côte est au XVIIe siècle qui se donnent pour mission de fonder sur cette nouvelle terre une société débarrassée de l’inégalité, de l’intolérance religieuse et de la tyrannie propres selon eux à l’Ancien Monde. Au début du XIXe, cette idée prend la forme de la « destinée manifeste, » selon laquelle les États-Unis doivent s’approprier les terres d’Amérique du Nord jusqu’au Pacifique pour les civiliser.

Une fois cette conquête terminée, et forte d’une réussite économique insolente, l’Amérique poursuit la diffusion de son modèle, en osant pour la première fois déborder de ses frontières naturelles vers Cuba. Jusqu’au milieu des années trente, les interventions armées de Washington se multiplient en Amérique latine, doublant l’idéalisme de la défense de ses intérêts économiques. Bientôt, c’est le monde entier que l’Oncle Sam se mettra en tête de forcer à être libre.

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