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Essayiste, ancien secrétaire général du GRECE à Paris et jadis animateur de radio sur Skyrock, « Skyman » retrace son parcours.
«Je vous attendrai, coiffé d’une casquette noire et rouge, et Le Figaro à la main ». C’est ainsi que je pris mon premier contact avec Guillaume Faye. D’emblée la conversation prend un tour historique. Car l’homme, pour n’être pas si vieux, est à lui seul un monument, un portrait d’une certaine extrême droite française et européenne, née de la guerre d’Algérie : « Tout a commencé avec Dominique Venner, avec qui j’ai fait mes premières armes: c’est lui qui m’a présenté au Cercle de Pareto de SciencesPo Paris, tenu par ceux qui deviendront mes amis, Jean-Yves Le Gallou et Yvan Blot ». C’est ainsi qu’après s’être converti au paganisme dans un lycée jésuite, où se révélaient pour lui les faiblesses du christianisme, « qui est un facteur de mélange et de dévoiement », Guillaume Faye entre au Groupement de Recherche et d’Etudes sur la Civilisation Européenne (GRECE), où il entame une relation houleuse et la rivalité avec Alain de Benoist.
Si Guillaume Faye rejoint le GRECE, c’est que dès les années 1970 le jeune homme est préoccupé par le sujet qui déchirera l’Europe par la suite, et singulièrement aujourd’hui, soit l’immigration de masse extra-européenne : « L’histoire commune des civilisations occidentale et musulmane n’est rien qu’un long fleuve de sang. Charles Martel conclut des alliances avec des tribus germaniques, faisant ainsi de l’Islam un ennemi total et absolu pour l’Europe ». Et de finir avec cette devise qu’il a faite sienne : « Le futur n’est qu’une répétition du passé », d’où il a tiré son fameux concept d’archéofuturisme. Comprendre que l’histoire toujours se répète.
« L’histoire commune des civilisations occidentale et musulmane n’est rien qu’un long fleuve de sang. » Guillaume Faye
Mais Guillaume Faye quitte le GRECE en 1986, en mauvais termes avec Alain de Benoist. Il attaque alors la Nouvelle Droite sur « son antisémitisme délirant » ainsi que sur son « folklore, qui n’est qu’un romantisme, avec leurs tours de Youle et leurs runes », leur « hystérisme sur l’anti-américanisme » et leur « anticapitalisme aux relents marxistes ». À la fin, « ce que je leur reproche, c’est leur irréalisme ».
À la question de l’antisémitisme, et de la présupposée superpuissance juive, Faye répond que « pour un lobby soi-disant si puissant, il est étrange qu’à Paris il n’y ait que deux bureaux où le shekel soit convertible. En plus, l’un d’eux n’est ouvert qu’un jour sur deux ». Il en profite pour qualifier Alain Soral de « figure même du collabo » en raison de son antisémitisme et de ses accointances avec l’Islam.
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Après des années passées dans un univers politique se voulant sérieux, Faye entre chez Skyrock, « pour faire des blagues sur les radios libres et m’amuser ». Il y rencontre « des gens ouverts qui ignoraient (s)es opinions politiques ». Il démissionne en 1997 quand il constate qu’« on a remplacé les tubes de rock par du rap pour les beurs ». De même, Guillaume Faye n’hésite pas à répondre aux accusations d’acteur porno qu’on lui prête volontiers, et s’explique : « Je souhaitais m’amuser, faire quelque chose de différent, (…) interpréter un médecin nymphomane dans un roman érotique changeait de ce que j’avais pu faire, mais ça n’était qu’une expérience ».
Son prochain livre à paraître traite du cataclysme annoncé d’une guerre ethnique entre les civilisations européenne et islamique sur le sol européen et fustige « l’ethno-masochisme » des blancs. Il donne encore des conférences à Moscou et intervient lors de colloques américains menés par le suprématiste Richard Spencer. Bref, cet homme du passé croit encore en l’avenir.
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