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Le Meyer d’entre nous

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Publié le

15 octobre 2018

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Assistant parlementaire, patron d’ONG caritative et animateur d’émission, Charles de Meyer cumule les casquettes. Portrait d’un catholique engagé.

 

C’est dans une brasserie, à deux pas de l’Assemblée Nationale, que je retrouve Charles de Meyer. Grand, athlétique, fumant cigarette sur cigarette, il raconte son parcours. Né en 1992 d’un père officier de gendarmerie et d’une mère au foyer, il grandit dans une famille « réactionnaire par tradition ». Élève au Prytanée militaire de La Flèche, il finit par en être exclu. Trop turbulent. Intégrant sans enthousiasme des classes prépas économiques dans un lycée parisien, il a tout de même l’occasion d’y confronter ses opinions naissantes (déjà de droite) avec certains profs de gauche : « Nous avions cependant des points de convergence sur la nécessaire critique du capitalisme ». Il passe quelques mois à Dauphine, et en profite pour se former intellectuellement (il dévore Maurras et Bernanos, qui ne le quitteront plus). 

 

Lire aussi : Portrait : Charlotte D’Ornellas, une histoire d’O

 

En 2013, alors que les Manifs Pour Tous battent leur plein, il fait la connaissance en garde-à-vue de Benjamin Blanchard. Rencontre décisive dans le parcours du jeune étudiant passionné de politique, Blanchard étant l’assistant parlementaire du député-maire d’Orange, Jacques Bompard, par ailleurs issu du Front national, mais brouillé avec Jean-Marie Le Pen. Engagé pour un stage de quelques mois à l’Assemblée Nationale, il finit par remplacer son ami auprès du député de la Ligue du Sud. Toujours grâce à Benjamin Blanchard, Charles de Meyer intègre la station Radio Courtoisie. D’abord remplaçant occasionnel de Paul-Marie Coûteaux, il anime bientôt sa propre émission: Le Libre Journal des Débats, qui traite aussi bien de politique, d’histoire que de la vie des idées. Mais il ne s’arrête pas là.

Toujours en 2013, après une manifestation pour défendre la Syrie, réunis dans un bar, Charles de Meyer, l’incontournable Benjamin Blanchard, et la journaliste Charlotte d’Ornellas décident d’agir pour les chrétiens de ce pays. « Tout est parti d’une aventure entre copains », raconte son initiateur. En décembre, Charles de Meyer part donc avec sa bande pour Damas, et ce malgré les récriminations du Quai d’Orsay. Objectif: apporter quatre tonnes de jouets, couvertures, médicaments, produits de première nécessité aux chrétiens syriens et passer Noël avec eux, pour leur montrer que tous les Français ne soutiennent pas la politique atlantiste de François Hollande à l’égard de la Syrie, et que les chrétiens d’Occident sont solidaires de la souffrance de leurs frères d’Orient. La mission « Noël en Syrie » est un succès.

 

Pour ce catholique engagé, « l’aide doit toujours s’incarner et ne jamais rester symbolique »

 

Dans l’avion du retour, Charles de Meyer lance l’idée : « Maintenant qu’on a passé Noël à Damas, si on partait fêter Pâques en Irak ? » Sitôt dit, sitôt fait: « Nous avons débarqué à Erbil (capitale du Kurdistan d’Irak, N.D.L.R), trois mois après être rentrés de Damas, sans connaître personne. En trois jours, nous avions pris des contacts et la mission Irak était lancée ». Entre-temps, les fondateurs ont décidé de pérenniser l’aventure sous le statut d’une association: SOS Chrétiens d’Orient était né, et Charles de Meyer en prenait la présidence.

Six ans plus tard, les résultats sont au rendez-vous pour le fondateur de l’ONG: mille cinq cents volontaires envoyés au Proche-Orient (Irak, Jordanie, Liban, Syrie, et Égypte), des centaines de familles aidées, des dizaines de projets montés sur place, une coopération ponctuelle avec les chrétiens du Pakistan. Mais Charles de Meyer ne s’arrête pas en si bon chemin et, au moment de passer la main à l’Assemblée Nationale, il travaille déjà sur un autre projet tout aussi ambitieux: une association de promotion du patrimoine culturel français à destination de la France périphérique. Car pour ce catholique engagé, « l’aide doit toujours s’incarner et ne jamais rester symbolique ». Comme pour rappeler que l’action humanitaire, tout comme la politique, n’a qu’un seul et même but: servir.

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