Après avoir subverti le slogan capitaliste « No limit » en Nos Limites, Gaultier Bès retourne le mot d’ordre « No future » dans son nouveau livre Nos futurs, plaidoyer pour une lucide espérance. Normalien et agrégé de lettres, il fait partie de la « génération Laudato Si », et cofonda la revue d’écologie intégrale Limite. Dans cet essai passionnant, bien documenté et écrit avec style, il livre une analyse critique et lucide de la débâcle de la société industrielle, qui a tout d’un crépuscule. Au fil des pages, on mesure l’abîme qu’a engendré notre société productiviste et consumériste. Mais Bès met autant en garde contre le nihilisme désespéré que contre le progressisme béat et coupable.
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Il pose la seule question valable : « Que faire quand tout se défait ? ». Rien n’est définitivement écrit, et si l’avenir est déjà en partie joué par nos choix présents et passés, nous pouvons et devons toujours agir, changer de vie, lutter contre les injustices et construire une écologie intégrale, faite de fraternité et de sobriété. Autant qu’un appel à la conversion écologique et à l’action politique, c’est un témoignage de sa vie familiale et sociale dans un éco-hameau dans la Loire, où, puisant dans la sagesse monastique chrétienne autant que dans le survivalisme contemporain, s’esquisse une alternative à l’effondrement en cours.

NOS FUTURS, GAULTIER BÈS, L’Escargot, 362 p., 22 €





