Bref mais stimulant, cet essai analyse les interactions entre le travail et le feu qui ont façonné les rapports de plus en plus destructeurs entre l’homme et la nature. Avec l’analyse du facteur travail, l’auteur dresse une grande fresque où sont disséqués le rôle de l’esclavage, l’apport de Marx et celui de Saint Simon. Le feu, longtemps soumis à la contrainte de la durabilité des forêts, s’en est libéré grâce aux énergies fossiles. Le développement du machinisme et l’illusion du feu perpétuel ont permis l’explosion de l’ère industrielle qui s’est pervertie en société de surconsommation où la fin de l’aventure humaine n’est plus une vue de l’esprit. Ce constat posé, Sloterdijk avance des pistes pour éviter la catastrophe. Réservé sur le léninisme vert d’Andreas Malm, il se rapproche de Bruno Latour prônant une social-démocratie énergétique et le classement des ressources naturelles comme bien commun de l’humanité.
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Mais plutôt qu’espérer un remords prométhéen, il craint davantage une réaction hyper-prométhéenne et deux dangers majeurs : la Chine et la fusion nucléaire. Ce petit ouvrage au rythme allègre laisse sur sa faim quant aux solutions. Sans doute parce qu’il n’aborde pas les fondements de la démesure anthropocentrique de la philosophie moderne, loin de l’écologie intégrale de Laudato si’.

LE REMORDS DE PROMÉTHÉE, PETER SLOTERDIJK, Payot, 128 p., 10 €





