Vous avez été mis en cause par Aurélien Pradié, votre concurrent aux élections régionales d’Occitanie. Que s’est-il passé exactement lors de ce débat ?
Ce sont des faits totalement insignifiants. J’ai depuis longtemps l’habitude des débats et des situations tendues. Cependant Aurélien Pradié m’a systématiquement coupé la parole. Je l’ai rappelé à l’ordre plusieurs fois et je suis resté calme malgré toutes ses interruptions. Je regrette que les journalistes n’aient pas rempli leur rôle d’arbitre. À un moment du débat, Aurélien Pradié a ressorti un amendement (sur l’intervention involontaire de grossesse, ndlr) que j’avais déposé quand j’étais député en 2003, pensant l’utiliser comme un argument. C’est quelque chose qui n’avait strictement rien à voir avec la campagne des régionales. Je lui ai dit ce que j’en pensais. Il n’a cessé de vouloir m’énerver, il cherchait à faire un coup mais le débat s’est terminé normalement. Il ne s’est pas passé quoi que ce soit. Il a fini par être remonté également, le ton a monté mais il n’y a pas eu d’agression ou de contact physique. Pas d’intervention de la sécurité ni des journalistes. Nous étions dans le couloir, côte à côte, dans le hall d’accueil il y avait mon directeur de campagne qui lui a dit qu’il aurait pu « se tenir ». Ni contact physique ni pression particulière. Il n’y avait pas de « service de sécurité ». Il n’y avait rien de ce que Pradié raconte.
Il avait prévu ce coup, il avait prévu d’essayer de me faire sortir de mon sang-froid. Il n’y est pas arrivé. Il a donc continué de chercher à me provoquer
Ce débat a été enregistré vendredi vers 16h. Or, Aurélien Pradié n’a parlé de tout cela que lors de la projection du débat le dimanche suivant. Il parle d’une « agression physique » trois jours après. S’il s’était passé quoi que ce soit, j’ose espérer que monsieur Pradié se serait plaint plus tôt.
Ces accusations sont-elles donc mises en scène par le candidat LR ?
Il s’agit d’un coup qui était préparé. La preuve en est qu’il est allé chercher un amendement vieux de plus de 18 ans qui n’a rien à voir avec le débat. Il avait prévu ce coup, il avait prévu d’essayer de me faire sortir de mon sang-froid. Il n’y est pas arrivé. Il a donc continué de chercher à me provoquer. Je le gêne dans cette élection. Je suis magistrat, je n’ai jamais été excessif en quoi que ce soit. Je n’ai pas l’habitude d’invectiver, je suis mesuré et raisonnable. Ce n’est pas monsieur Pradié qui va me pousser à bout. Ce n’est pas à soixante ans que je vais devenir un excité !
N’est-il pas d’ailleurs coutumier du fait ?
Il y a eu des précédents, oui. Au moment de l’exclusion d’Erik Tegnér qui prônait l’union des droites par exemple, celui-ci avait dit de Pradié qu’il était complètement hystérique. Ce n’est pas la première fois. Il est une sorte de porte-flingue de Christian Jacob. Il est dans une attitude de cette nature.
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Aurélien Pradié vous accuse d’être un « parachuté ». Que répondez-vous ?
C’est amusant parce que moi je descends d’une très longue lignée qui trouve ses racines depuis le XIVe siècle en Occitanie. Les Garraud étaient capitoules à Toulouse. Plus proche de nous, je suis originaire de la Haute-Garonne, du Comminges en particulier, de Martres Tolosane. Mon arrière-grand-père était maire de cette commune. Je suis aussi originaire du Tarn, de l’Aveyron et de l’Ariège. Ma femme est de Toulouse, mes enfants sont nés à Toulouse, j’ai été juge d’instruction à Toulouse. Je suis parti en Gironde pour suivre mon père qui était magistrat. J’ai donc dû faire une partie de mes études à Bordeaux puis j’ai suivi différentes affectations en France. Alors que j’étais directeur-adjoint de l’école de la magistrature à Bordeaux, j’ai voulu m’engager en politique. C’est là que j’ai voulu me confronter à la difficulté en me présentant contre le fils Mitterrand, député de Gironde. C’est pour ça que je suis devenu député de Gironde. Mais toutes mes racines sont bien sûr en Occitanie, plus particulièrement en Midi-Pyrénées. Je ne comprends donc pas ce terme de parachutage. Au contraire, je suis chez moi ici ! C’est une façon encore de vouloir me discréditer.
Moi je cherche à gagner cette région. Tout le monde sait que je suis dans une position avantageuse face à Carole Delga. Tout le monde sait que ce sera entre elle et moi. Les seconds couteaux comme Pradié essaient d’exister. Il essaient par tous les moyens de faire parler d’eux. C’est le niveau zéro de la politique.
Le thème du débat était « Où va la droite ? » Va t-elle donc toujours vers un affrontement entre vous et les LR ?
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis allé à ce débat. Il y avait les trois « tenants » de la droite qui devaient être là. J’ai regretté que le maire de Balma ne soit pas là. Vincent Terrail-Novès, qui présente une liste pour l’instant « sans étiquette » a décliné. Il aurait été d’un meilleur calcul politique pour moi de ne pas y aller non plus. Mais je suis dans une logique de bataille électorale.
Ce monsieur Pradié a trente ans de moins que moi mais sa vision politique est d’un autre âge. Je suis beaucoup plus moderne que lui !
Je voulais montrer que nous pouvions essayer de faire des alliances. Je suis un fervent partisan de l’union des droites et de bien au-delà. Dans ce rassemblement, la droite et la gauche n’ont plus de signification. Les gens ne s’y reconnaissent plus. Les enjeux sont désormais différents. Ils opposent les mondialistes aux localistes ou nationaux. Je voulais donc dépasser ces clivages anciens et ne pas m’interdire des alliances sincères. Je n’ai manifestement pas réussi. Mais je n’ai pas réussi avec les tenants du système tel qu’il est. Ce monsieur Pradié a trente ans de moins que moi mais sa vision politique est d’un autre âge. Je suis beaucoup plus moderne que lui ! Mais ce qui compte, c’est l’avenir de la région. Il est regrettable que le parti des Républicains n’ait pas compris cela. Je ne m’adresse plus au système de ce parti. Je vais m’adresser directement aux électeurs qui sont de loin bien plus intelligents.





