Tout d’abord, les ploucs ne sont jamais admis sur les plateaux télé. Voir un plaquiste de Castelnaudary lors d’un « talk » (un débat entre « sachants ») autre qu’avec un Gilet Jaune sur le dos, c’est impossible. Un syndicaliste éventuellement ! Qui se sait regardé par le courant « anarcho syndical pour la gauche autogestionnaire » de sa centrale. D’où un discours à la Leonid Brejnev qui ne reflète en rien les lignes de stress parcourant la classe laborieuse autochtone aujourd’hui.
Plouc de service
L’employé au rayon produits frais de Super U ou la coiffeuse n’apparaissent donc jamais dans le débat. Ou alors pour servir de beauf de service ou de « témoin-des-violences-de-manifestations ». Toujours larmoyant, toujours dix secondes de micro. Jamais sur un plateau télé pour exprimer son point de vue. Sa vision du monde. Ce sont d’autres, des « grands témoins », des « consultants » ou des « communicants » qui vont discuter du fond du problème. Entre gens sérieux. Et ces connards n’ont absolument pas la même vie, le même salaire, les mêmes crédits, et la même Dacia Diesel achetée sur le Bon Coin que nous.
Racisation de l’espace communicant
Mais un autre phénomène récent invisibilise doublement la classe laborieuse. Et surtout élargit son invisibilisation : la racisation. Regardez attentivement les compositions des plateaux télé, les publicités pour les utilitaires, les catalogues Castomerlin, bah… y’a plus que des Noirs ou des Arabes ! Aujourd’hui, vous recevez une publicité pour acheter une perceuse. L’ouvrier modèle, c’est un Noir. Le couple SFR ou Freebox qui sourit pour te vendre sa nouvelle box de merde, ce sont des Arabes. La page d’accueil quand vous allez consulter vos comptes bancaires sur internet : rien que des Noirs qui se marrent ! Le catalogue Lidl, à la page 46, « Lidl Recrute », il y a quatre blancs et quatre nuances de « racisés ». Le travail pour tous ! Après les 35 h, les 35 races ! Faites de la place dans la niche, les « sous-chiens » !
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Et nous, bah on regarde ! On regarde ces gens-là discuter de notre présent, notre avenir. De la France, de l’Europe, du social alors que tout ça est moitié sénégalais à pattes jaunes. Nous ne sommes même plus acteurs de notre actualité ! Par contre, dans le lot il n’y a jamais d’Asiatique. Pas assez pleurnichards sûrement.
La France « pour eux »
La politique des « quotas » ou de la « discrimination positive » suggérée par Sarkozy aura donc fini par être appliquée. Non pas juste dans l’administration ou dans le monde de l’entreprise mais bien dans toute la société. Regardez bien autour de vous, les publicités, les articles de journaux, les jouets pour enfants, nous disparaissons petit à petit de « l’espace communicant ». Il faut bien nous faire rentrer dans le ciboulot qu’il va falloir faire de la place. Que désormais la France, comme le mariage, c’est « pour tous ». Enfin, surtout « pour eux » !
Mais au-delà de la classe laborieuse de Châteauroux, aujourd’hui c’est au tour de la bourgeoisie intellectuelle et « sachante » type rive gauche de disparaître. Le remplacement de James Bond, archétype du mâle blanc occidental, par une mulâtre a été largement commenté mais maintenant c’est même Jean-Bonde, consultant « business » qui disparaît, remplacé par Mamada Sissoko Touré.
D’un côté, ça fait du bien de moins voir Christophe Barbier et Laurent Joffrin ramener leur gueule sur BFM. Mais à la place on a récolté Karim Zeribi et Rokhaya Diallo ! On est passé de L’Express et Libé à El Watan et Crocodile hebdo.
Dans quelque temps ce sera nous, les autochtones, qui réclameront des quotas ethniques ! Pour revenir un peu dans le débat…





