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Entraînée dans un bain public de la Côte-d’Azur par sa belle-sœur arguant qu’elle est asociale et que sa bande d’amis la déridera, la fabette est la seule personne en longue robe et santiags Go West par 35°.
Après une heure pénible durant laquelle elle n’a rien compris de la conversation menée en franglais au sujet de niaiseries télévisuelles, le sac Last Rebels en cuir est son dernier refuge. Il en sort un livre de poche couvert de cuir qui lui est assorti : De Civitate Dei de saint Augustin, éditions de la Pléiade. Lunettes Shelter, collection Douce France et fabriquées à Annecy, montées sur le nez, sa protection solaire est intégrale. Grâce à Dieu, les Monts des Cats qu’elle s’enfile en méditant sur les châtiments que le Seigneur réserve aux nations impies et impudiques empêchent le sable soulevé par les rafales de vent d’entrer dans sa bouche.
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La décadence de la France où elle est vautrée serait-elle une punition divine ? Le ravalement de la société feue, chrétienne, au rang païen d’avant la chute de l’Empire décrit dans les livres I à VII s’étale de plus en plus devant ses yeux. En bonne intégriste moyenâgeuse, ne pouvant plus souffrir le spectacle de la luxure, c’est toute nue, comme il était de coutume en France jusqu’à la grande Peste, que la fabette entre dans l’eau, foulard en soie sur la tête pour que le sel n’abîme pas ses cheveux. Et honni soit qui mal y pense.
Elodie Perolini
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